mardi , 26 mars 2019

Mozambique: HRW dénonce les intimidations et arrestations de journalistes

L’ONG Human Rights Watch (HRW) a dénoncé jeudi les arrestations arbitraires de journalistes dans le nord du Mozambique en proie à une insurrection islamiste et « l’interdiction » faite aux médias de couvrir ces troubles.

« Les forces de sécurité mozambicaines intimident, emprisonnent et poursuivent les journalistes qui couvrent les combats » contre les islamistes dans la province du Cabo Delgado (nord), a dénoncé HRW dans un communiqué.

« Depuis juin 2018, le gouvernement a interdit à plusieurs médias et correspondants de se rendre dans la province, tandis que l’armée détient les journalistes qui ont réussi à s’y rendre ou la police les arrête pour des raisons bidons », a ajouté l’organisation.

Pour HRW, les actions du gouvernement mozambicain destinées à « faire taire les médias dans le Cabo Delgado entravent le droit de regard du public sur les opérations militaires et les abus présumés ».

En décembre, HRW avait dénoncé les « graves violations » des droits de l’homme commises par les forces de sécurité mozambicaines dans la région.

L’ONG énumère les entraves faites aux journalistes et les arrestations de correspondants, notamment celle d’Amade Abubacar, employé par une radio-télévision locale, qui est détenu depuis le 5 janvier pour espionnage.

En juin 2018, une équipe de la BBC s’est vu refuser son accréditation pour travailler dans le Cabo Delgado.

Un responsable de l’organisme mozambicain de régulation de la presse a expliqué au groupe audiovisuel britannique que le gouvernement ne voulait pas de couverture car « l’histoire était embarrassante », selon HRW.

Un policier « m’a dit que si j’aimais la vie et ma famille je devais arrêter de faire le brave », a encore rapporté un journaliste local cité par l’organisation. »On doit se faire passer pour un habitant du coin et ne pas se faire repérer », a témoigné un rédacteur en chef.

« Si on s’aperçoit que vous êtes un journaliste, vous êtes en danger », a-t-il ajouté sous couvert d’anonymat.

« En entravant les médias dans le Cabo Delgado, le gouvernement tente d’empêcher les Mozambicains de savoir ce que font les deux parties en conflit », a estimé Dewa Mavhinga, directeur de HRW pour l’Afrique australe.

Mercredi, l’Institut des médias d’Afrique australe (Misa) a aussi rapporté l’arrestation dans le Cabo Delgado d’un autre journaliste mozambicain, Germano Daniel Adriano.

Depuis fin 2017, des jihadistes sèment la terreur dans le nord du Mozambique, riche en gaz. Près de 200 civils ont été tués lors des raids qu’ils ont menés.

AFP

 

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