mardi , 26 mars 2019

La Côte d’Ivoire a demandé la restitution de 148 oeuvres d’art à la France

La Côte d’Ivoire a demandé à la France la restitution de 148 d’oeuvres d’art africain, a annoncé mercredi le ministre de la culture ivoirien Maurice Bandaman lors d’une conférence de presse.

« Nous avons adressé une liste de 148 objets. En 2019, tout ou une partie sera restitué », a affirmé le ministre, brandissant une liste mais sans vouloir en donner le contenu exact.

Il a précisé par la suite à l’AFP que celle-ci était « confidentielle ».Seule révélation, M. Bandaman a confié que le Djidji Ayokwe, le célèbre tambour parleur Ebrié actuellement au musée du Quai Branly à Paris faisait partie des objets demandés.

Celui-ci avait été « arraché, confisqué, capturé » par les Français car sa « voix » permettait « la mobilisation du peuple Akan » contre les troupes coloniales, a rappelé le ministre.

M. Bandaman, qui était accompagné notamment d’un représentant du service de l’action culturelle française, a souligné que les réunions avec la partie française avait donné lieu à des « relations non-conflictuelles ».

Le ministre a rappelé que des dizaines de milliers d’oeuvres ivoiriennes étaient dans des musées à l’étranger, plus de 4.000 au Quai Branly ou au Met à New York, plus de 3.000 au musée Rietberg (Suisse) ou de Cleveland (USA), a-t-il indiqué.

« Au moins 50 musée dans le monde détiennent des oeuvres ivoiriennes et cette liste ne comprend pas les collections privées », a-t-il souligné.

« Si on avait 1.000 ou 2.000 pièces, on ne saurait où les mettre. Il faut être réaliste », a dit le ministre, écartant un retour massif des œuvres dans un avenir proche.

« Il faut créer un écosystème pour accueillir ces oeuvres », a-t-il précisé, indiquant que la Côte d’Ivoire construisait un « musée d’envergure internationale » qui verra le jour en 2022-2023 à Treichville (commune d’Abidjan) alors que 12 centres culturels comprenant des musées seront édifiés à travers le pays.

En outre, un musée privé africain est en construction à Abobo (quartier d’Abidjan).

Le ministre souhaite toutefois que les pièces qui restent pour le moment en dehors du pays soient « valorisées », produisent des droits et « circulent ».

Lors d’un discours à l’Université de Ouagadougou le 28 novembre 2017, le président français Emmanuel Macron avait souhaité que « d’ici cinq ans les conditions soient réunies pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique ».

En novembre 2018, il a annoncé le retour au Bénin de 26 chefs d’oeuvre pillés pendant la période coloniale, dont les statues royales d’Abomey, actuellement propriété du musée du Quai Branly à Paris.

Après la remise d’un rapport sur la restitution par la France d’oeuvres d’art africain, Paris souhaite engager une réflexion avec les autres pays européens concernés(Royaume-Uni, Allemagne, Belgique principalement).

AFP

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