samedi , 15 décembre 2018

Sénégal: la police empêche un rassemblement d’opposants à Dakar, des arrestations

La police sénégalaise a empêché mardi avec des gaz lacrymogènes un rassemblement de l’opposition à Dakar, visant à « défendre la démocratie », et arrêté plusieurs manifestants, selon des journalistes de l’AFP, l’opposition et la presse locale.

Le « rassemblement pacifique » du Front de résistance nationale (FRN), une coalition de l’opposition, devant le ministère de l’Intérieur, a été « interdit » par le préfet, selon l’opposition, qui a dénoncé « un arrêté illégal et anticonstitutionnel ».

Un texte de 2011 interdit les manifestations dans ce périmètre à Dakar. Les accès menant au ministère ont été fermés mardi après-midi par des barrages de la police anti-émeutes avant le début du rassemblement.

La police a ensuite lancé des bombes lacrymogènes vers les manifestants, selon des journalistes de l’AFP.Au moins un responsable de l’opposition, le député Oumar Sarr, a été arrêté par la police, a appris l’AFP auprès de son entourage. D’autres responsables de l’opposition ont été arrêtés, selon la presse locale.

Le FRN a pris l’initiative de ce rassemblement pour « la confirmation des candidatures » à la présidentielle de 2019 de Karim Wade et de Khalifa Ababacar Sall, deux responsables de l’opposition dont la présentation à ce scrutin est menacée par des décisions de justice.

Karim Wade, ancien ministre et fils de l’ex-président Abdoulaye Wade (2000-2012), a été radié des listes électorales en rapport avec sa condamnation en 2015 à six ans de prison pour enrichissement illicite. Ses recours devant la justice ont été rejetés.

Le maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall, a été révoqué le 31 août par le président Macky Sall, au lendemain de sa condamnation en appel à cinq ans de prison pour escroquerie sur les deniers publics.

Le FRN réclame aussi « la mise en place d’une autorité indépendante pour organiser les élections » en 2019, à la place du ministère de l’Intérieur dont le chef, Ali Ngouye Ndiaye, membre du parti présidentiel, est accusé de partialité.

Il exige aussi « l’accès au fichier électoral pour tous » et le « retrait de la loi sur les parrainages », une nouvelle disposition visant, selon le gouvernement, à limiter le nombre de candidatures à la présidentielle pour une meilleure organisation.

Une centaine de prétendants se sont manifestés pour la présidentielle de 2019, dont le président Sall, élu en 2012 pour sept ans.

AFP

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