dimanche , 21 octobre 2018

Le sénateur John McCain arrête le traitement de son cancer du cerveau

Le sénateur John McCain, ancien pilote torturé pendant la guerre du Vietnam et figure non-conformiste de la politique américaine, a décidé de mettre fin à son traitement contre son cancer incurable du cerveau, après un an de lutte.

C’est la famille du sénateur républicain de 81 ans qui l’a annoncé dans un communiqué vendredi, suscitant une avalanche de messages de sympathie aux Etats-Unis. Il était soigné depuis juillet 2017 pour un glioblastome, une forme de cancer très agressive avec un très faible taux de survie.

« Depuis un an, John a dépassé les attentes de survie », écrit sa famille. « Mais les progrès de la maladie et le vieillissement inexorable ont rendu leur verdict. Avec sa détermination habituelle, il a désormais décidé de mettre fin à son traitement médical ».

Elle ne dit pas l’état de santé actuel du sénateur, mais un arrêt des traitements signifie que le patient a perdu tout espoir de guérison.

« S’il renonce aux traitements, il ne lui reste probablement que quelques semaines à vivre », explique à l’AFP John Boockvar, expert des tumeurs du cerveau à l’hôpital Lenox Hill, qui n’a pas traité John McCain personnellement.

Le docteur souligne que la durée de survie habituelle après un diagnostic de glioblastome est de 12 à 15 mois. A ce stade, les patients se rendent compte que le traitement n’est plus efficace, et passent en soins palliatifs.

Il était suivi dans son Etat de l’Arizona, où ses amis et collègues défilaient depuis des mois pour faire leurs adieux, conscients que la fin était proche.

« Nous n’aurions pas pu aller si loin sans vous. Vous nous avez donné la force de continuer », a tweeté sa fille Meghan McCain.

« J’aime mon mari de tout mon coeur », a tweeté Cindy McCain, son épouse. « Que Dieu bénisse tous ceux qui se sont occupés de mon mari ».

John McCain n’avait pas démissionné du Sénat, mais il ne s’y était plus rendu depuis décembre 2017. Seules quelques photos de lui, chez lui ou en promenade, avaient été publiées depuis son diagnostic.

– Mépris pour Trump –

Il restait néanmoins relativement actif politiquement. L’été 2017, il avait défié le président Donald Trump, pour qui il n’a jamais caché son mépris, en votant contre sa réforme du système de santé.

Il le critiquait ouvertement, le qualifiant de « mal informé » et « impulsif ».

Et dans des mémoires publiés en mai 2018, « The Restless Wave », il dénonçait une nouvelle fois la sympathie apparente du président américain pour Vladimir Poutine, le président russe qu’a pourfendu toute sa carrière John McCain depuis le Sénat. Lui-même a d’ailleurs été sanctionné par la Russie en représailles à des sanctions de Washington, un motif de fierté pour le vieux sénateur, qui en plaisantait souvent.

John McCain, fils et petit-fils d’amiraux, a d’abord été pilote de chasse, engagé dans la guerre du Vietnam où il fut blessé et emprisonné pendant plus de cinq ans. Il fut torturé par ses geôliers, et deviendra au cours de sa carrière politique un farouche opposant à la torture, dénonçant la CIA pour ses pratiques d’interrogations « musclées » sous la présidence de George W. Bush.

Après son retour aux Etats-Unis à la fin de la guerre du Vietnam, il se fait élire à la Chambre des représentants, puis est élu sénateur en 1986, un siège qu’il a conservé depuis, sa dernière réélection, en novembre 2016, ayant été la plus difficile, une partie de l’électorat conservateur ne lui ayant pas pardonné d’avoir critiqué Donald Trump.

Le milliardaire n’avait pas encore réagi à la nouvelle vendredi, mais de tous les bords de l’échiquier politique, les messages affluaient.

« Le sénateur John McCain est un combattant au propre et au figuré. A un homme exemplaire et une famille aimante, nous pensons à vous », a tweeté le jeune élu démocrate Joe Kennedy III.

« John McCain incarne ce qu’est servir son pays », a déclaré Paul Ryan, le président républicain de la Chambre des représentants.

Il avait porté les couleurs du parti républicain à l’élection présidentielle de 2008, perdant face au démocrate Barack Obama. Il était ensuite resté au Sénat, sa deuxième maison depuis plus de trente ans.

AFP

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