jeudi , 29 octobre 2020

Cameroun : Paul Biya candidat à un 7e mandat

C’est officiel, le chef de l’État camerounais au pouvoir depuis 36 ans est candidat à sa propre succession pour la présidentielle du 7 octobre prochain.

Le président camerounais Paul Biya, 85 ans, au pouvoir depuis 1982, a annoncé vendredi sa candidature à un 7e mandat au lendemain de l’attaque du convoi de son ministre de la Défense en zone anglophone, déstabilisée par des séparatistes armés. « Je serai votre candidat à la prochaine élection présidentielle », a écrit en français et en anglais le chef de l’État sur son compte Twitter, se disant « conscient des défis que nous devons ensemble relever pour un Cameroun encore plus uni, stable et prospère ».

Une candidature sans surprise

Depuis plusieurs mois, ses soutiens le présentaient comme le « candidat naturel » de la majorité et sa candidature ne faisant presque plus aucun doute. Paul Biya, 78 ans, brigue donc un septième mandat en tant que candidat du parti du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC). Arrivé au pouvoir en 1982 à la faveur de la démission de son prédécesseur, Ahmadou Ahidjo, le second président du Cameroun a été élu en 1984 et 1988 sous le parti unique puis après l’instauration du multipartisme en 1992, 1997 et 2004. En 2008, l’Assemblée largement dominée par le parti au pouvoir supprime la limitation du nombre de mandats présidentiels lui ouvrant la voie à un nouveau septennat en 2011. Ses adversaires politiques lui imputent un bilan économique négatif ainsi qu’une mauvaise gestion des finances publiques et une corruption généralisée. Les dernières statistiques disponibles de 2014 montrent que 75 % de la population camerounaise a moins de 25 ans et n’a donc connu que Paul Biya comme président.

Ses opposants et adversaires déclarés – dont Joshua Osih, candidat déjà déclaré du Social Democratic Front (SDF, anglophone, principal parti d’opposition), Maurice Kamto, du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) et l’avocat et ancien vice-président de Transparency International, Akere Muna – l’accusent d’être responsable du « chaos » dans les régions anglophones du nord-ouest et du sud-ouest.

En effet, Paul Biya doit aujourd’hui faire face à la montée des périls sur trois fronts : à l’extrême-nord toujours sous la menace de Boko Haram, et dans les régions anglophones du sud-ouest et du nord-ouest où séparatistes armés et forces de défense et de sécurité s’affrontent depuis fin 2017.

La présidentielle, prévue le 7 octobre, va se tenir dans un contexte de violences quotidiennes dans les régions anglophones du nord-ouest et du sud-ouest qui risquent de perturber la scrutin. L’annonce du président Biya a été faite ce vendredi 13 juillet, au lendemain de l’attaque du convoi de son ministre de la Défense, Beti Assomo, par des séparatistes anglophones armés dans le sud-ouest. Le ministre Assomo y avait été envoyé par le chef de l’État pour évaluer la situation sécuritaire.

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