vendredi , 24 mai 2019

Alpha Condé aux journalistes : « Parce que des gendarmes ont convoqué des gens, vous faites du boucan »

L’intervention du président Alpha Condé jeudi, à la Maison de la presse de Conakry, à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse a tourné à véritable procès. Le chef de l’Etat estimant que les journalistes guinéens sont à l’origine de la détérioration de l’image du pays à l’étranger.

 

Ce jeudi 3 mai, à Conakry, Alpha Condé n’a pas caché sa colère. En arrivant à la maison des journalistes pour la première fois depuis son élection en 2010, il a reproché aux hommes de médias de faire passer sous silences les nombreuses réalisations faites sous son magistère.

 

« Je pense que vous ne contribuez  pas à améliorer l’image de la Guinée. L’image du pays est discréditée. Tous les progrès qu’on a faits depuis 2011 sont passés sous silence comme si on était dans un pays où on maltraitait les journalistes », a-t-il déclaré.

 

La colère noire du président guinéen se fondait sur le dernier classement de Reporters Sans Frontières. Il a dit ne pas comprendre pourquoi son pays  figure toujours dans le rang des mauvais élèves alors que certains pays font, paradoxalement, bonne impression.

 

« Vous êtes responsables de ce classement », a-t-il résumé, en faisant allusion au classement de RSF. « Aucun journaliste n’a été encore arrêté par le gouvernement alors que dans certains pays comme la Mauritanie, je vois que des journalistes sont arrêtés. Pourquoi ceux-ci sont classés 54è et nous 104è? »‘, s’est-il interrogé.

 

 

Et de tancer à nouveau : « C’est parce que vous présentez une image de la presse en Guinée qui ne correspond pas à la réalité. Alors comment voulez vous qu’on vous appuie quand vous faites en sorte que tous les efforts en faveur de la liberté de la presse soient étouffés et dès qu’il y a le moindre malentendu, vous faites du bruit. Parce que des gendarmes ont convoqué des gens, vous faites du boucan. Donc, moi je ne peux pas prendre des engagements devant vous quand vous continuez à piétiner tous les progrès que nous effectuons pour la liberté de la presse. Posez-vous la question de savoir qui est responsable de ce classement. Vous parlez de Reporters sans Frontières, mais ce n’est pas le meilleur exemple en France.  Est-ce que depuis que je suis président, un journaliste a été emprisonné ? Est-ce que j’ai poursuivi un journaliste depuis que je suis président? Alors comment la Guinée peut être classée 104è ? C’est parce que vous continuez à vendre une image du pays qui est contraire à la réalité du pays. Comment voulez-vous qu’on continue à écouter vos revendications quand vous faites tout pour présenter une mauvaise image du pays. »

 

Par Mamady Fofana

 

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