mercredi , 18 septembre 2019

CENI : première contestation interne sous l’ère Kébé

Un peu plus de deux mois après sa confirmation par la Cour Constitutionnelle comme président de la Commission électorale nationale indépendante, Me Amadou Salifou Kébé a essuyé sa première contestation interne ce lundi 23 octobre. Les tirs sont venus de la commissaire Hadja Ramatoulaye Bah qui n’a pas du tout emprunté des mots doux pour fustiger une décision de son président.

 

La Commissaire Ramatoulaye Bah n’est pas contente. Elle est fâchée du fait que des « réticences » résistent toujours au sein des « institutions républicaines » au moment où des efforts se multiplient pour l’instauration d’un Etat de droit des principes fondamentaux de la Constitution guinéenne et des lois qui régissent nos institution républicaines.

 

Dame Bah est très remontée contre Amadou Salifou Kébé pour avoir été exclue d’une délégation de la CENI qui s’apprête à effectuer une mission de travail à Dalaba et à Pita.

 

« Je me préparais à aller à Dalaba pour superviser les opérations de remobilisation et à Pita pour installer les démembrements toujours sur une base consensuelle quand le président de la CENI nous lit une lettre signée par le maire de la délégation spéciale de Pita demandant que les démembrements soient installés, mais que Hadja Ramatoulaye ne fasse pas partie de la mission de Pita », a-t-elle relaté ce lundi pendant un point de presse.

 

La commissaire Ramatoulaye Bah reproche à son président d’avoir cédé à cette injonction émanant du maire intérimaire de Pita alors qu’une commission interne à la CENI avait entériné son déplacement dans la localité.

 

« Je me préparais pour voyager dans les deux localités le vendredi et voilà le jeudi, avec l’ordre de mission pour pita et Dalaba en main, le président de la CENI dit que je ne dois pas aller à Pita ni à Dalaba au motif qu’il veut continuer à apaiser le climat politique, surtout qu’à présent la CENI a bonne presse. Mais qu’aussi, c’est pour ma propre sécurité car lui et d’autres ont reçu entre mercredi et jeudi matin, des menaces sur mon intégrité physique. A part la menace, un commissaire a dit ouvertement qu’en fait, il faut ménager l’UFDG le plus grand parti de l’opposition. C’est la raison principale de m’enlever sur axe du Fouta », a-t-elle déclaré.

 

L’ancienne ministre de l’Industrie, des PME est catégorique dans ses explications. Pour elle, c’est la première fois que l’itinéraire de mission d’un commissaire est modifié par le président de l’institution de manière unilatérale, sans consultation aucune. Elle prend à témoin ses collègues commissaires.

 

« C’est la première fois qu’un tel acte est pris sans consulter l’intéressée. Je n’accepte pas la raison donnée par le président. Car cette raison me prive de mon indépendance parce que la majorité des commissaires sont sur les axes de leurs propres choix. Ces axes sont en tant que commissaire d’exercer mes responsabilités de commissaire et aussi empêcher de respecter le principe à valeur constitutionnelle d’égalité entre les partis ».

 

Par Elie Ougna

 

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