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Guinée : adoption d’un nouveau Code forestier

Les députés de l’Assemblée Nationale (AN) de la République de Guinée, réunis en plénière, ont adopté à l’unanimité le Code forestier, lundi, 24 avril 2017, à l’Hémicycle du Palais du peuple à Conakry, sous les auspices du président de l’institution, honorable Claude Kory Kondiano, rapporte l’AGP.

Ce présent Code, actualisant celui de 1999, comprend 196 articles, soit 64 nouveaux articles qui prennent en compte les faiblesses de l’ancien Code. Il consiste à prendre des mesures protectrices pour l’écosystème forestier, notamment préserver la faune et la flore, et également préserver les espèces rares et les milieux fragiles. Aussi, sauvegarder le patrimoine génétique et forestier guinéen.

Dans son intervention, le rapporteur de la Commission des Ressources Naturelles, de l’Environnement et du Développement Rural, honorable Alpha Mamadou Baldé a tout d’abord indiqué, que l’écosystème forestier guinéen fait l’objet d’occupation anarchique, de coupe abusive de bois, d’extraction des agrégats de construction favorisant les feux de brousse, un facteur prépondérant de dégradation des écosystèmes forestiers. Il a ensuite affirmé, que les feux de brousse occasionnent un déséquilibre énorme dans le cycle de carbone, dû à la soustraction annuelle de milliers d’hectares de forêts.

Honorable Baldé a dit, que le changement climatique constaté en Guinée est le résultat de l’interaction, facteur anthropiques – feux de brousse. Ce changement est révélateur et amplificateur des déséquilibres des peuplements forestiers en les prédisposant aux risques d’incendies».

«Actuellement, les causes principales de la dégradation des forêts en Guinée sont, entre autres, la sédentarisation à proximité des forêts, l’exploitation industrielle à grande échelle des ressources forestières, les activités des sociétés minières et les exploitants traditionnels de l’or et autres ressources.

A cela s’ajoutent le manque de rigueur dans le respect des textes législatifs et réglementaires, notamment par rapport aux obligations relatives aux études d’impact environnemental et social, et la mise en œuvre de plans de gestions climato-intelligents, l’absence de contrôle de l’action de l’exécutif à travers le contrôle parlementaire», a déploré le parlementaire.

Compte tenu du niveau très avancé de déforestation et de dégradation des écosystèmes forestiers guinéens, selon lui, les parlementaires guinéens doivent s’impliquer activement par l’exercice du pouvoir législatif dans toutes ses prérogatives. C’est ainsi que, honorable Baldé a estimé que l’enracinement de la démocratie passe surtout par le renforcement du rôle du Parlement, notamment dans sa mission de vote des lois, de contrôle de l’action de l’exécutif et de représentation du peuple.

Il a souligné, que le Ministère en charge de l’Environnement et des Eaux et Forets (MEEF) est un département transversal clé pour la croissance économique de la Guinée et la création d’emplois pour les jeunes.

«Paradoxalement, ce Ministère est souvent lésé dans la répartition des ressources budgétaires de l’Etat, avec environ 0,3% du budget total, a-t-il déploré.

Le député Alpha Mamadou Baldé a ainsi prévenu : «Si rien n’est fait pour inverser cette tendance, ce Code ne sera pas appliqué, les populations seront exposées aux risques climatiques, aux catastrophes naturels indescriptibles, car l’environnement c’est nous, l’environnement c’est aussi notre vie».

Source : AGP

 

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