samedi , 23 mars 2019

Le gouvernement s’en va en guerre contre les grossistes répartiteurs de médicaments

En plus des revendeurs de faux médicaments, le gouvernement guinéen a décidé d’élargir son champs de bataille en s’attaquant cette fois à la hausse vertigineuse du nombre de grossistes répartiteurs de médicaments pharmaceutiques dans le pays.

 

Ce nouveau combat, porté par les ministères de la Santé et de la Communication, devrait s’accentuer sur les conditions d’attribution et de renouvellement des agréments des sociétés grossistes répartiteurs de médicaments en Guinée.

Le but est de réguler ce secteur stratégique en proie à une libéralisation très poussée depuis le début de la deuxième République en 1985.

« La mise en place des sociétés grossistes depuis cette date a connu une dérèglementation et un non-respect des normes. Ce qui a conduit le pays à avoir près de 100 sociétés grossistes répartiteurs dont la plupart alimentent le marché illicite du médicament », explique le compte-rendu du Conseil des ministre parvenu à la Rédaction de Kaloumpresse.com.

 

Le gouvernement part de quelques chiffres indicatifs dans la sous-région pour justifier l’ouverture de ce nouveau front qui pourrait toucher de gros bonnets dont des proches du pouvoir.

 

Ainsi, il part du fait que le  Mali voisin, avec une population estimée à 16 millions d’habitant, ne dispose que 536 pharmacies pour 4 grossistes. La Côte d’ivoire, 800 pharmacies pour 4 grossistes pour 24 millions d’habitants. Et le Niger dispose de 245 pharmacies pour seulement 3 grossistes.

 

En Guinée, pays de l’abondance dans tous les secteurs, avec une population chiffrée à 11 millions d’habitant, on enregistre 400 pharmacies pour 96 grossistes. Pas sûr que ces chiffres du gouvernement soient exhaustifs.

 

Pour avoir plus de visibilité sur le secteur pharmaceutique, le gouvernement Youla veut donc réduire le nombre de sociétés grossistes répartiteurs en éliminant celles qui sont illégales.

 

Une telle démarche pourrait permettre de « tarir les sources d’approvisionnement en faux médicaments » et « assainir le secteur privé pharmaceutique par l’application correcte de la Loi et de la réglementation », note le communiqué du gouvernement.

Pour y parvenir, la démarche consistera entre autres à contrôler  les documents administratifs (agrément, arrêté d’exploitation, pharmacien responsable, statut de la société, RCCM, etc), ainsi que les critères de fonctionnalité notamment la demande de visas d’importation depuis le 1er janvier 2016. Il s’agira également de vérifier les critères d’évaluation de terrain en s’appuyant notamment sur la conformité de la localisation par rapport à l’agrément/arrêté d’exploitation, surface, conditions de stockage des produits.

 

Selon le FMI, 93% du marché du médicament en Guinée est illicite. Cette situation engrangerait un chiffre d’affaire annuel d’environ 800 milliards de GNF.

De l’autre côté, la non application d’un régime fiscal sur le chiffre d’affaire des contrevenants représenterait des pertes estimées à plusieurs milliards de francs guinéens.


Par Ougna Elie


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