jeudi , 12 décembre 2019

Le budget de l’armée provoque une passe d’armes entre le colonel Mamadou Sandé et Aboubacar Sylla

Le porte-parole de l’opposition Aboubacar Sylla a fustigé samedi la procédure d’allocation du budget de l’armée guinéenne et son volume qu’il juge de plus en plus colossal. De quoi provoquer une réaction verbale musclée du colonel  Mamadou Sandé, Conseiller économique et financier près du ministre de la défense.

 

Le budget de l’armée est sacré. Le député et porte-parole de l’opposition Aboubacar Sylla le retiendra pour longtemps.

 

En prenant part samedi 12 novembre aux débats du Forum international sur la mobilisation et l’utilisation efficace des ressources intérieures en tant que panéliste, le président de l’Union des forces du change (UFC) a estimé que l’utilisation des ressources budgétaires de l’Etat se fait dans des conditions opaques, loin de l’orthodoxie financière.

Devant les membres du gouvernement et tout un aréopage de personnalités venues du Canada, du Sénégal et de l’administration publique guinéenne, l’élu a regretté le sevrage des ministères clés comme la santé, l’agriculture et la Travaux publics au profit d’autres secteurs comme la défense.

« Le budget au niveau de la défense va en crescendo », a entamé M. Sylla.

Le parlementaire a souligné l’importance de tenir le débat d’orientation budgétaire comme l’exige la loi pour éviter les dérapages économiques.  Une étape qui aurait pu permettre de refuser à la grande muette son budget de 1.700 milliards de francs guinéens consigné dans la Loi des finances initiales 2017.

« Les casernes ne sont jamais rénovées et notre pays n’est pas en temps de guerre. C’est un réseau de personnes qui profitent de ce service pour des besoins non citoyens », a-t-il insisté, non sans soulever au passage un tonnerre d’applaudissements.

Mais la contre-attaque ne s’est pas fait attendre.

Le Conseiller économique et financier près du ministre de la défense Colonel  Mamadou Sandé qui était présent dans la salle rappellera à l’homme politique que la réforme des forces de défense et de sécurité a un coût très élevé.

Selon l’ancien ministre des finances (2009) ce prix doit être payé pour que les militaires retournent dans les casernes.

Visiblement prêt à recadrer l’ancien ministre de la Communication après son tir, l’officier se dit « surpris » d’entendre que la Guinée est en temps de paix.

 

« On a envoyé un bataillon au Mali. Donc nous sommes sous la menace des djihadistes », dira le Colonel Mamadou Sandou, avant de sortir la dernière munition : « Dire aujourd’hui que le budget de l’armée est exorbitant, en tant que vous élu du peuple, c’est une façon d’appeler à la révolte », a-t-il dit, lui rappelant toutefois que ses critiques constituent une forme de dénigrement.

Non satisfait par cette réponse qui frise la menace, l’opposant panéliste refuse de capituler et revient à la charge. « Depuis sept ans la réforme de l’armée ne finit pas. Bref, c’est l’arbre qui cache la forêt. C’est une nomenclature qui capte les finances à d’autres fins », a-t-il conclu la joute verbale avant de quitter la salle de conférence dans la précipitation.

Par Kaloumpresse

 

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