lundi , 17 juin 2019

Le président (mal informé?) ordonne la réparation d’un train expressément garé par les partenaires chinois

Au Conseil des ministres tenu ce lundi 24 octobre, le président Alpha Condé a instruit son ministre des Transports, Oyé Guilavogui, de remettre très rapidement le train de la banlieue Conakry-Express sur les rails.

 

Le président de la République a ordonné hier lundi d’accélérer les travaux de réparation et de remise en marche du train qui assure la liaison entre Kaloum et la haute banlieue de Conakry.

Si au lendemain de cette annonce, la nouvelle est accueillie avec beaucoup de satisfaction, elle suscite cependant quelques interrogations sur la véracité des informations fournies au Chef de l’Etat après l’arrêt du moyen de transport utilisé par plus de 1500 passagers quotidiennement.

Suivant l’ordre donné par le président, on peut en déduire aisément que Conakry-Express est en panne.

Quelqu’un aurait glissé cette information pour lui faire comprendre que l’arrêt du train à cause d’une panne est indépendant de la volonté du ministère des Travaux publics et donc gouvernement.

Or si le train de la haute banlieue de Conakry est reste bloqué à quai depuis le 1er octobre, cette situation fâcheuse qui cause d’énormes désagréments chez les usagers est due au refus des autorités guinéennes de faire face à leurs obligations contenues dans l’accord signé avec China International Funds en 2009.

Selon les opérateurs chinois qui expliquaient le motif de l’arrêt du train début octobre, en plus de l’investissement de fonds importants dans l’achat du train et des équipements nécessaires à son fonctionnement et de son acheminement de la Chine vers la Guinée, c’est la société qui prend en charge la totalité des dépenses liées au fonctionnement du train alors qu’elle ne reçoit en retour aucune recette.

Ils ont expliqués que depuis six ans que Conakry-Express est en circulation, c’est leur société qui prend en charge l’entièreté des frais des opérations ainsi que les frais de fonctionnement du train, les salaires de tous employés et parfois même les frais de dégagement de la voie ferrée.

Très catégoriques dans leur argumentaire, les chinois ont soutenu mordicus  que depuis la mise en circulation du train, il n’a encaissé aucune recette. Pas même un Franc guinéen. Bref, toutes les recettes sont encaissées par l’Etat Guinéen qui refuse de passer à la caisse pour s’acquitter des investissements nécessaires au fonctionnement de l’appareil.

C’est donc dans ce contexte que Conakry-Express a été bloqué et ce, jusqu’à la signature des accords déjà négociés et soumis à la signature du Gouvernement.

A partir de là, on comprend que le train n’a pas été immobilisé pour cause de panne technique. Il reste bloqué à la gare dans le but de mettre une pression supplémentaire sur la partie guinéenne pour qu’elle signe l’accord de paiement de quelques 40 millions de dollars au partenaire chinois.

Quelques questions méritent donc d’être posées : Le président a-t-il été mal informé de cette situation pour cacher la mauvaise foi des commis de l’Etat en charge du dossier ? Si oui, par qui ? Qui a intérêt à ce que le président ne soit pas imprégné de la situation au point de distiller une fausse information ?

Par Mamady Fofana


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