vendredi , 23 août 2019
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Du rôle de l’intellectuel (Tribune de Mohamed Kaba)

La chose ou tout au moins l’une des choses les plus difficiles de l’existence, n’est rien de moins que la gestion humaine. Cette affirmation, loin d’être de mon imaginaire, est d’autant vrai qu’elle s’impose, je dirais au même degré, à l’esprit de tous. Mais en quoi la gestion humaine est-elle l’une des entreprises les plus délicates de la vie?

 

 

Sans avoir la prétention, d’ailleurs la moindre prétention d’épuiser d’un seul tenant la complexité de cette question, je me limite tout simplement d’indiquer que la vie en société est le lieu privilégié où se rencontrent deux entités majeures à la fois complexes et complémentaires : le vivre individuel et le vivre ensemble.

Dans un sens courant, il importe de comprendre que chacune de ces entités se caractérise essentiellement par un mécanisme tout particulier; le vivre individuel a pour mécanisme principal la recherche continue de l’intérêt individuel ; le vivre ensemble se caractérise, lui, par le maintien de l’intérêt de l’ensemble. De là, se pose une question centrale: comment concilier le vivre individuel et le vivre ensemble?

En d’autres termes comment concilier les intérêts individuels et les intérêts collectifs? C’est la problématique centrale que toutes les grandes constructions politiques jusqu’ici connues, ont tenté de traiter de façons diverses.

Le philosophe français contemporain Paul Ricœur appelle cette confrontation ; énigme parce que, dans la plupart des cas, les deux intérêts sont souvent en conflit.

La discipline qui tente de traiter ce conflit, nous l’appelons la Politique qui est une science et, celui ou celle qui la met en oeuvre, le politique.
L’une des pistes qui favorise la résolution de cette question, est de convaincre chaque citoyen de la nécessité de réaliser l’intérêt collectif au détriment de l’intérêt individuel, l’intérêt collectif trouvant sa totale garantie dans les lois concernant tous les domaines de la société; encore faut-il que chaque citoyen connaisse le contenu de chaque loi; d’où le premier rôle de l’intellectuel, celui d’informer le peuple plutôt que de réciter les articles, exactement comme une séance de récitation du saint coran.

Cela posé, on comprend la première difficulté que connaît notre pays la Guinée: la démission de l’intellectuel de son rôle d’informateur, de formateur pour s’ériger en critique instrumentalisé à la recherche d’une cause, souvent individuelle.

En plus de son rôle de formateur, il sied à l’intellectuel de chérir la Morale et d’en faire une philosophie de vie. Ce deuxième rôle présente l’intérêt, pour être un intellectuel, de s’imposer une philosophie d’autocensure qui l’empêchera de basculer dans l’indésirable et de franchir toutes les contingences sociales.

Enfin, à mon sens, il appartient à l’intellectuel de rêver, de penser le futur merveilleux pour sa société par la réflexion, la proposition et l’impartialité.

Mohamed Kaba

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