mardi , 18 décembre 2018
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Un carnaval pour célébrer la journée de l’Afrique et l’unité à Johannesburg

En Afrique du Sud, on célébrait la journée africaine mercredi, avec notamment un carnaval dans le quartier de Yeoville à Johannesburg. Un secteur avec une importante population immigrée où cohabite pas loin d’une vingtaine de nationalités. Une journée de festivités, mais aussi de réflexion et de revendication.

Derrière le carnaval, la fanfare et les danses traditionnelles, il y a les appels à l’unité et à la tolérance dans un pays où les violences xénophobes sont récurrentes.

Pour Jaroots, un jeune Sud-Africain rastafari, cette journée est l’occasion de célébrer la diversité. « Une chose dont je me rends compte depuis que j’habite ici à Yéoville où nous sommes tous mélangés, c’est qu’au final nous avons été élevés, nous Africains, de façon similaire, autour de la famille, de la communauté. Le problème qui fait que les gens perdent toute humanité, c’est la faim et les problèmes économiques », pointe-t-il.

Car ici comme dans tout le pays, les tensions entre communautés se font régulièrement sentir. Monique est Congolaise. Elle habite dans le pays depuis 20 ans. « Si vous allez à l’hôpital, on ne vous reçoit pas bien parce que vous êtes « foreigner » comme on nous appelle. »

Autour d’elle, la conversation s’anime. « On parle d’unité, s’exclame Chantal, mais les Sud-Africains ne veulent pas de nous. Le papier qu’ils nous donnent là, quand vous allez à la banque ou chercher du boulot, on vous demande : « what is this ? » Et ça va direct au cœur et ça fait mal ! »

Pour d’autres comme Frank, cette journée est l’occasion de faire un bilan. « Nous célébrons l’héritage africain, mais avons-nous vraiment accompli grand-chose ? Je viens du Rwanda et mon pays est encore pauvre, il y a une dictature, il n’y a pas de liberté d’expression. Avons-nous vraiment été libérés ? C’est le point commun de toute l’Afrique. Je pense qu’il y a encore beaucoup à faire », explique-t-il.

Messages politiques, revendications. Dans la foule, on peut voir des appels à l’indépendance du Biafra ou au départ de Robert Mugabe. A chacun sa version de la journée de l’Afrique.

RFI

 

 

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