vendredi , 23 août 2019

La version des 3 journalistes jugés pour « chantage et tentative d’escroquerie »

Jugés pour « tentative d’escroquerie et chantage » au préjudice de la SOBRAGUI, trois journalistes de la presse écrite guinéenne qui comparaissaient mardi devant le Tribunal de première instance de Mafanco, à Conakry ont tous balayé ces accusations d’un revers de la main, arguant qu’ils sont eux-mêmes victimes d’un piège illégal.

 

Ibrahima Sory Bangoura du journal « La Logique »,  Alseny Maciré Fofana de  »La Nouvelle Ère » et Don De Dieu Agossou de la publication « La Nouvelle » ont tour à tour rejeté en bloc les accusations de la partie civile.

 

Selon les explications d’Ibrahima Sory Bangoura, l’équipe des trois journalistes avait réalisé une mission d’enquête à l’intérieure du pays sur la bière « Guluxe » produite par la SOBRAGUI. L’enquête, selon lui, a été motivée par le fait que plusieurs clients formulent généralement des plaintes liés au goût de la boisson et à son conditionnement. Et qu’en plus, certains révèlent avoir découvert des débris à l’intérieur des bouteilles.

L’accusé poursuit sa défense en affirmant que c’est après les investigations à travers le pays qu’ils ont décidé de recouper les informations auprès de la direction générale de la société de brasserie.

 

« Nous avons appelé le numéro du chef de l’entreprise qui est Ariski Azzoug. Ce dernier nous a mis en contact avec le directeur commercial et markéting de l’entreprise  qui s’appelle Sagno », relate le confrère Ibrahima Sory Bangoura. « Il nous a  reçu dans  son bureau et nous avons eu quelques heures d’entretien avec lui. Par après, il nous appelé au téléphone pour nous dire que le DG de l’entreprise demande de faire un rapport sur notre mission effectuée à  l’intérieur du pays et que l’entreprise promet aussi de faire quelque chose pour nous », confie-t-il.

 

D’après le prévu le directeur commercial leur aurait précisé de faire une facture et de mettre dans la colonne « Désignation » la précision… »Remboursable ».

Dans ses explications, il révèle que c’est au lendemain de l’entretien qu’ils ont reçu un appel du directeur commercial leur demandant d’aller chercher le pognon de la facture.

 

Pour la suite de sa version, il poursuit : « Arrivés au siège de la SOBRAGUI, nous  ont été accueillis  par un Virgile. Ce dernier nous a conduits dans une salle. Quelque temps après, nous voyons un gendarme habillé en tenue civile qui nous dit que nous sommes en état d’arrestation pour tentative d’escroquerie ».

 

Les prévenus se sont montrés catégoriques face aux faits qui leur sont reprochés. Selon Don De Dieu Agossou, c’est une ruse qui leur a été tendue à l’effet de les trimballer en justice.

 

« Ils nous ont tendu un piège  et j’ai dit cela a mes confrères. Notre but de rencontrer le directeur commercial et markéting était dans le cadre de recouper les informations que nous avons  reçues au cours de notre mission d’enquête a l’intérieur du pays. Pas pour le remboursement des frais de mission », ajoute Agoussou devant le juge.

A la suite de ces arguments le président du tribunal décide de prendre le contrôle du débat. En s’adressant aux prévenus, il demande de savoir si ceux-ci de justificatifs qui prouvent qu’ils ont effectivement été à l’intérieur du pays dans le cadre de cette mission d’enquête.

 

Les accusés répondent en brandissant leurs cartes de presse comme le seul « justificatif ». Ambiance dans la salle d’audience.

Et le président du tribunal décide de renvoyer les débats au 19 avril pour la comparution du directeur commercial et markéting de la SOBRAGUI.

Par Sériane Théa

 

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