mercredi , 18 septembre 2019
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Mafanco: 2è jour de procès pour « offense au chef de l’Etat » de cinq militaires retraités

Le procès  des cinq militaires retraités et veuves a repris ce 15 mars devant le tribunal de première instance de Mafanco en banlieue de Conakry. Accusés d' »outrage et diffamation à l’encontre du Chef de l’Etat et les membres du gouvernement, et attroupement illégal », les prévenus ont nié les faits qui leur sont reprochés.

 

Interpellés en septembre 2015 après une marche de protestation pour non paiement de leurs pensions de retraite, ces anciens militaires ont, à tour de rôle, rejeté en bloc les chefs d’accusation.

A l’image du Secrétaire général du syndicat des militaires retraités, Jean Dougo Guilavogui, qui a déclaré devant le tribunal que le motif de leur arrestation n’était en réalité qu’un prétexte.

 »Ce discours tenu à la Maison de la presse de Guinée le 22 août 2015 n’est qu’un prétexte pour nous arrêter. Nous n’avons fait que réclamer nos droits qui sont le congé libéral, le paiement des pensions et les mesures d’accompagnement d’une retraite d’orée comme l’a promis le chef de l’Etat. »

Pour ce prévenu leur arrestation a été orchestrée par « ceux qui ont mangé » leur argent.

Un avis largement partagé par les quatre autres coaccusés. Lors que la présidente du tribunal leur pose la question de savoir s’ils réalisaient que leur déclaration faite par voie de presse constituait un « outrage au Chef de l’Etat, diffamation et attroupement interdit », des délits prévus par les articles 232, 110 et 111 du Code pénal guinéen.

Selon eux les propos contenus dans leur déclaration n’ont rien d’injures ni de diffamation à l’encontre du président de la République et des membres du gouvernement.

En revenant sur ladite déclaration à la barre ce mardi 15 mars, ils ont rappelé avoir regretté d’être « jetés » à la retraités sans aucun payement de leurs indemnités relatives aux mesures d’accompagnement déboursées à hauteur de 15502,9412 dollars par retraité en décembre 2011.

« Tous ces montants ont été détournés par le Gouvernement au préjudice des militaires retraités. Et le président de la République refuse de nous recevoir et de nous le payer, alors que des milliards de nos francs sont en train d’être distribués aux mouvements, groupements et associations de soutien au RPG Arc-en-Ciel dans le pays. ce qui explique tout naturellement la mauvaise foi du gouvernement à régler notre situation par des menaces et des manœuvres dilatoires qu’il nous oppose », ont rappelé les anciens militaires en faisant allusion à leur déclaration en août 2015.

Brandissant toujours leur déclaration, ils ont souligné avoir affirmé : « Cet acte irresponsable, inadmissible et dangereux que le président de la République, chef de l’Etat et Commandant en Chef des forces armées cautionne et que lui-même, auteur de cette mauvaise fin de carrière aux militaires retraités actuels et éventuellement à ceux qui, à l’avenir feront valoir leurs droits à la retraite, risquerait de renforcer la frustration et la haine dans notre pays avec des conséquences que cela comporte ».

S’agissant de l’accusation relative à l’organisation d’une attroupement non autorisé, les prévenus estiment avoir adressé un courrier en bonne et due forme au gouverneur de la ville de Conakry. Courrier auquel ils disent n’avoir reçu aucune réponse.

Après débats contradictoires entre la partie civile et la défense, l’audience a été renvoyée au jeudi 17 mars pour les plaidoiries et réquisitoires.


Par Sériane Théa

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