jeudi , 29 octobre 2020

Meurtre du journaliste Mohamed Diallo : les avocats de l’UFDG voient la main d’un « Prince » derrière l’enquête

Les avocats de l’Union des forces démocratiques de Guinée dans le dossier portant sur l’assassinat du journaliste Mohamed Diallo ont affirmé ce samedi 20 février que l’enquête était dirigée contre Cellou Dalein Diallo et les militants de son parti.

 

Les quatre avocats chargés de défendre l’UFDG dans l’affaire relative au meurtre de Elhadj Mohamed Koula Diallo au siège de ce parti, le 5 février, ont pointé du doigt ce 20 février, des « violations graves » de leurs droits ainsi que ceux de leurs clients. Ils attribuent ces violations à l’officier de la gendarmerie qui a conduit l’enquête, le Colonel Gabriel Tamba Diawara. Selon ces avocats, ce chef des enquêteurs a usé de toute son influence pour obtenir des aveux de certains suspects.

Au cours d’une conférence de presse tenue à Conakry, ils ont cité précisément le cas de Algassimou Kéita qui aurait avoué sur la base de promesse d’enrôlement dans l’armée ou la gendarmerie, avoir vu Abdoulaye Sow, garde rapproché de Alimatou Dalein Diallo, en possession de l’arme à feu à l’origine de l’assassinat du journaliste.

Ils ont également accusé l’officier de les avoir empêchés de rencontrer leurs clients pendant l’interrogatoire, le lundi 15 février, dans le cadre de l’enquête préliminaire.

« Abdoulaye Sow n’est impliqué de près ni de loin dans cette situation. Et toutes les personnes interpellées l’ont été en violation de tous les principes de droit et de vérité », a déploré Me Paul Yomba Kourouma.

Selon le pool des avocats de l’UFDG, le dossier vise à détruire le président Cellou Dalein Diallo et tout son parti. « Ce crime ne profite qu’à ceux qui l’ont conçu, commandité et exécuté », a dit Me Kourouma.

Rappelons que Mohamed Koula Diallo a reçu une balle dans la poitrine le vendredi 5 février alors qu’il couvrait des altercations entre supporters de Bah Oury, vice-président du parti déchu la veile et ceux de Cellou Dalein Diallo, opposés à l’entrée de celui-ci dans l’enceinte du siège du parti.

Depuis, les investigations menées par la gendarmerie ont permis l’interpellation d’une vingtaine de personnes.

Selon les Conseils de l’UFDG, cette situation aurait pu être évitée, si les forces de sécurité et la Délégation spéciale de Ratoma avaient pris des dispositions pour sécuriser les lieux pendant la tentative de passage en force de Bah Oury. D’après Me Paul Yomba Kourouma qui était entouré de ses trois collègues, l’absence des forces de l’ordre visait à permettre la perpétration du crime commis.

« Les agents de l’Etat n’ont couvert la réunion de l’UFDG en dépit des menaces proférées par Bah Oury », a-t-il dit, tout en précisant que le crime porte « la marque du complot et de la manipulation ».

Les avocats du principal parti de l’opposition en Guinée, version Cellou Dalein Diallo, affirment avoir vécu une enquête de façade conduite par le Colonel Gabriel Tamba Diawara.

« Nous comprenons que l’enquête, les arrestations et les manipulations n’ont concerné que l’UFDG. Les faits sont d’autant plus graves qu’ils revêtent l’implication de certains agents de l’Etat dans la préparation et l’exécution. Ces faits sont d’une si grande gravité qu’il nous est permis de croire que derrière eux, plane la main du Prince », a affirmé Me Paul Yomba Kourouma.

Par Elie Ougna

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