vendredi , 15 novembre 2019

Une autoroute reliant Bruxelles à New York en 2040?

L’idée d’un milliardaire russe est de créer le plus grand réseau autoroutier baptisé « Trans Eurasian Belt ». L’objectif est de replacer la Russie sur la carte des échanges internationaux.

Vladimir Iakounine. Si ce nom ne vous est pas familier, vous risquez d’en entendre encore parlé. Surtout si son projet « pharaonique » aboutit. Comme le relaie la Voix du Nord, le patron des chemins de fer russe envisage de relier l’Europe de l’Ouest à New York, ni plus, ni moins.

L’Alaska, c’est tout droit

Pour ce faire, il souhaite bâtir une ceinture trans-Europe-Asie qui transiterait par Moscou et la Sibérie et traverserait les 88 km du détroit de Béring, qui sépare l’extrême-Orient russe de l’Alaska. L’idée serait de profiter des réseaux routiers actuels, reliant l’Europe à Moscou, via l’Allemagne et la Pologne. « La route emprunterait le tracé de l’autoroute transsibérienne sur plusieurs milliers de kilomètres avant de bifurquer vers le nord-est et atteindre le détroit de Béring » précise le journal qui ajoute qu’une ligne ferroviaire serait annexée au réseau routier.

Pour franchir le Béring, les Russes envisagent soit un pont, soit un tunnel, à l’image du tunnel sous la Manche. Les obstacles sont toutefois nombreux. Outre les conditions météorologiques, les coûts d’une telle entreprises seraient colossaux. Le quotidien français avance le chiffre de près de 300 milliards d’euros. « Le projet, énorme, n’est pas idiot », remarque dans le quotidien Jean-Christophe Victor, expert en géopolotique et en relations internationales qui observe un vrai retour des investissements sur la route « et plus particulièrement sur le ferroviaire ».

« Nouvelle route de la Soie »

« Il y a une justification de géographie économique et d’infrastructures. Les Russes se disent qu’on a bien créé le tunnel sous la Manche et que l’on construit celui sous le Bosphore, alors pourquoi ne pas créer un lien entre Russie et États-Unis via le détroit de Béring? ». Mais la situation financière du pays risque d’être l’un des premiers freins.

« Le coût est faramineux. Et l’état actuel de l’économie russe ne plaide pas en faveur d’un tel investissement. Où trouveront-ils les 50 milliards de dollars (pour la seule jonction Béring-Alsaka) nécessaires? ». Annoncée pour 2040, « Trans Eurasian Belt » est encore loin de voir le jour. Mais elle pourrait replacer la Russie au centre des échanges internationaux, à l’image de la Chine qui souhaite créer « une nouvelle route de la Soie » qui entend connecter par la route et le ferroviaire la Chine à l’Europe en passant par l’Asie centrale. « Cela fait deux ans qu’on en parle mais les financements semblent suivre ».

 

7sur7.be

 

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