dimanche , 25 octobre 2020

La presse guinéenne dégaine sa première arme

« Journalistes tués, un mort de plus, un mort de trop, nous réclamons justice » ! « Rendez justice »! Ce sont là quelques slogans scandés par les journalistes du public et du privé ce lundi 8 février pour protester contre l’assassinat de leur confrère Elhadj Mohamed Koula Diallo la semaine dernière au siège de l’UFDG.

 

La presse guinéenne a organisé aujourd’hui une marche de protestation. La marche blanche a utilisé l’itinéraire du Pont du 8 novembre au ministère de la Justice (environ 4 kilomètres).

 

Escortés par la police et la gendarmerie, les journalistes ont emprunté l’avenue de la République jusqu’à la Chancellerie du ministère de la Justice.

 

Une fois en face du ministre de la Justice Cheick Sacko, les marcheurs ont condamné l’acte avant de promettre leur engagement à lutter pour la justice. « Loin de pleurer aujourd’hui, nous comptons prendre nos plumes, nos micros, nos caméras, nos mots qui sont encore plus forts que les balles pour réclamer justice », a indiqué leur porte-parole Mame Diallo. »Une telle cruauté constituant une atteinte à la dignité des journalistes, nous rappelle les menaces, les barbarie, mes atrocités dont les médias encourent dans l’exercice de leur noble métier. Aujourd’hui, la presse guinéenne vit dans l’insécurité  totale et cette marche est initiée pour mettre fin à l’impunité des délits contre les journalistes », a indiqué la journaliste.

 

Au nom de l’ensemble de la presse, Mame Diallo a relayé que les journalistes sont offusqués, scandalisés et heurtés par l’audace des assaillants qui ont commis ce crime odieux en plein jour au sein d’un parti politique qui aspire au règne de ce pays.

 

« La presse, unie comme un seul homme, exige que lumière soit faite afin que les auteurs soient poursuivis, arrêtés et punis de leur forfaiture. Et plus loin, nous demandons que ceux qui sont à la base de cette tuerie, ceux qui ont parrainé ou soutenu ce carnage soient jugés pour leur irresponsabilités », a-t-elle insisté.

En recevant les journalistes, le ministre de la Justice Garde des sceaux, Me Cheick Sacko a réaffirme la détermination du gouvernement à faire toute la lumière sur cette affaire. Car selon lui, dans un pays quand on commence à brutaliser, à tuer les journalistes, c’est la démocratie qu’on tue.

Le Garde des sceaux s’est montré ferme. « Tant que la Guinée vivra, il y aura toujours des journalistes dans ce pays », a-t-il promis. Et de poursuivre :  » M. Diallo a été lâchement tué, lâchement assassiné. Au nom de mon gouvernement, je puis vous dire que cet lâche assassinat ne sera pas impuni », a-t-il dit.

 

Par Sériane Théa et Mamady Fofana

 

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