mercredi , 23 septembre 2020

Guinée : intenses négociations sous l’égide des religieux et sages pour éviter la grève générale

Le siège du Groupe Guicopres à Kaloum a servi de cadre, vendredi 5 février, à d’intenses médiations visant à amener l’inter-centrale syndicale CNTG-USTG à sursoir à la grève générale illimitée censée commencer le lundi 15 février prochain.

 

Les discussions se sont déroulées sous l’égide du Conseil économique et social, les centrales syndicales, la société civile, les représentants des sages et des religieux du pays.

Elles portaient essentiellement sur l’avis de grève lancé par la CNTG et l’USTG à compter du 15 février, si le gouvernement ne baissait pas le prix des hydrocarbures à la pompe et ne publiait une nouvelle grille salariale des fonctionnaires, entre autres.

Durant plusieurs heures de négociations sur fond de respect religieux des uns et des autres, le CES, les sages et les religieux ont d’abord écouté les leaders syndicaux avant de les inviter à sursoir à leur plan de grève.

A l’issue des échanges, aucune décision majeure n’a été avancée par les centrales syndicales.

Mais le premier Imam de la grande Mosquée de Conakry, Elhadj Mamadou Saliou Camara, s’est dit confiant quant à une issue heureuse de leur démarche dans les prochains jours.

 

« Nous avons parlé du problème que les centrales  syndicales ont posé au gouvernement  pour l’amélioration des conditions de vie de la population guinéenne. Nous, les sages et religieux, sommes venus pour intervenir entre le gouvernement et les centrales syndicales, mais, dans la vérité. J’ai de l’espoir », a confié le religieux.

Elhadj Mamadou Saliou Camara a salué la volonté affichée par l’ensemble des parties de renforcer la cohésion nationale. « Je sais que les syndicalistes, les sages et nous, intervenons dans notre propre intérêt pour que la paix règne dans notre pays. Personne n’est animé d’une mauvaise intention. J’ai de l’espoir », a-t-il insisté.

Du côté des sages, on s’est voulu également rassurant. Pour Elhadj Sèkhouna Soumah, Patriarche de la Basse Côte, les médiateurs ont invité les syndicalistes à de la patience. « Nous leur avons dit d’attendre d’ici lundi, nous allons en débattre pour aboutir à une conclusion’’, a-t-il dit après leur rencontre tenue à huis-clos. « Ce qui est sûr, nous avons de l’espoir que nous allons nous entendre », a ajouté le vieux, en s’exprimant au nom des coordinations régionales.

Le Conseil économique et social était également présent à cette table de dialogue. Pour sa présidente, c’est bien un devoir de s’impliquer dans ces négociations afin de maintenir la quiétude sociale dans le pays.

La présidente de cette institution, Hadja Rabiatou Sérah Diallo, a demandé aux parties de poursuivre les négociations. « Ce n’est qu’en temps de paix, qu’on peut développer notre pays. Les tenants du pouvoir doivent avoir une oreille attentive aux cris du peuple. Mais les syndicalistes aussi doivent comprendre qu’ils sont des Guinéens et qu’ils doivent voir le juste milieu », a conseillé l’ancienne secrétaire générale de la CNTG.

Parlant de la suite de cette concertation, la présidente du C.E.S, Rabiatou Sérah Diallo a indiqué que d’autres rencontres vont  suivre en dépit  de la lueur d’espoir qui se dégage déjà.

Pour sa part, au nom des centrales syndicales, le secrétaire général de l’Union Syndicale des Travailleurs de Guinée (USTG), Louis M’Bemba Soumah a rappelé les circonstances qui motivent le préavis de grève. « Nous nous sommes expliqués pour qu’ils comprennent pourquoi est-ce que vous avons fait cela. Nous souhaitons qu’il y ait de l’espoir’’, a-t-il confié à la presse.

Toutefois, le syndicaliste s’est montré ferme. Pour lui, la grève reste la seule arme à leur disposition. « Si nous ne sommes pas  satisfaits à 100%, nous continuerons notre grève. S’il y a récession, ce n’est pas la faute des travailleurs, ni des populations. C’est la faute du gouvernement. C’est  pourquoi, ils doivent endosser et prendre leurs responsabilité ».

D’autres rencontres sont prévues dans les jours à venir pour essayer de rapprocher les positions entre syndicats et gouvernement.

Sériane Théa

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