samedi , 19 janvier 2019

La hausse de la TVA à 20% est elle nécessaire dans le contexte Guinéen actuel ?

Dans un contexte marqué par une diminution de la croissance économique en 2015 suite à la pro-pagation du Virus Ebola qui a engendré des pertes allant jusqu’à 2,3 points du PIB et l’aggravation du solde budgétaire, la Guinée espère une reprise de la croissance en 2016.

Cette reprise devrait être boostée par l’impulsion des secteurs industriel, minier et tertiaire. En effet, le démarrage du barrage de Kaleta dans le secteur industriel, les investissements réalisés dans le cadre du projet Simandou et l’entrée en production de la mine de bauxite du Chinois HONGQIAO Group dans le secteur minier, la reprise du commerce transfrontalier dans le secteur tertiaire, con-jugués avec une hausse des salaires devraient stimuler la croissance en 2016.

 

Du côté budgétaire, le solde budgétaire devrait se réduire à condition de diminuer les subventions liées au carburant et de mener une politique fiscale rigoureuse et efficace. D’ailleurs, le gouverne-ment et les organisations syndicales sont en ce moment même en train de mener des négociations au sujet du prix du carburant. La position adoptée par le gouvernement semble être l’application d’une augmentation du prix du carburant à la pompe. Cette mesure trouve sa justification dans la baisse du cours des minerais et le risque d’exportation clandestine du carburant vers les pays limi-trophes. Concomitamment, nous constatons une hausse de la TVA qui est désormais fixée à 20%.

 

L’augmentation du prix du carburant engendrera une augmentation des prix des biens sur le marché ce qui obérera le budget des ménages.

 

Parallèlement, la hausse de la TVA à 20%, entrainera à son tour, une hausse des prix à la consom-mation et une diminution du pouvoir d’achat des ménages. Même, si cette idée n’est pas forcément valable dans les pays industrialisés où les prix sont fixés par confrontation de l’offre et de la de-mande, par conséquent dans ces pays les producteurs n’augmentent pas les prix de vente propor-tionnellement au montant de l’augmentation de la TVA, donc seul le profit baissera à court terme. Mais dans ce cas aussi, la réduction du profit des entreprises engendrera la réduction des emplois ce qui impactera la consommation des ménages.

 

Dès lors, il s’en dégage la question de la nécessité de la hausse de la TVA à 20% dans le contexte actuel en Guinée.

 

Ne serait il pas préférable, de fixer la TVA à 18%, de mobiliser plus d’effort au niveau de la réforme de la fonction publique, et de réduire en même temps les dépenses de l’ETAT ?

 

 

LEROY François

Banque de France

Direction des Entreprises

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