lundi , 19 août 2019

Rapport Human Rights 2016 : quand un ministre fait gagner des points à la Guinée

En Guinée, l’ONG Human Rights Watch note, pour une des rares fois, un certain progrès dans le domaine du renforcement du système judiciaire et de l’État de droit, d’une part, et, d’autre part, dans la lutte contre les graves atteintes aux droits humains « qui ont caractérisé la Guinée pendant plus de cinq décennies.»

 

L’ONG l’a fait savoir dans son rapport mondial 2016 dans lequel il cite Gassama Diaby, l’ancien ministre des Droits de l’Homme et des Libertés publiques devenu ministre de l’Unité nationale et de la Citoyenneté en 2016 pour son travail et son engagement pour la promotion des Droits de l’homme en Guinée. Une reconnaissance pourtant rare de la part de cette ONG très rigoureuse dont les rapports font souvent autorité.

Human Rights Watch note que les signalements d’atteintes aux droits humains commises par les forces de sécurité ont diminué. Même si «les forces de sécurité ont été impliquées dans de nombreux incidents impliquant un recours excessif à la force et un comportement non professionnel…»

En parlant de progrès en Guinée, l’ONG internationale souligne que « le ministère des Droits de l’homme et des Libertés publiques, créé en 2012, a activement encouragé le respect des droits humains, malgré des contraintes budgétaires.» C’est surtout à l’ancien ministre des droits de l’Homme que l’ONG exprime sa reconnaissance : « le ministre Gassama Kalifa Diaby s’est rendu dans les prisons, a établi des liens avec la société civile et s’est prononcé en faveur du renforcement de la justice et du respect de la liberté de la presse.»

En fait, à la tête du ministère des Droits de l’Homme, l’ancien dirigeant de l’Observatoire National de la Démocratie en Guinée (ONDG) a amené la Guinée à s’engager pour le respect de plusieurs principes droits de l’Homme. Entre autres, en juin 2015, suite à son deuxième passage à l’Examen périodique universel (EPU) devant le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, Gassama Diaby a amené le gouvernement à accepter les recommandations de ce mécanisme fondamental notamment sur les actes de torture, les disparitions forcées, les mises en détention illégales, les conditions carcérales, la réforme de la justice et de la sécurité, l’impunité parmi les forces de sécurité et les droits des femmes et des enfants.

Par ailleurs, même en étant membre du gouvernement, le Ministre Gassama Diaby a toujours dénoncé toutes les violations des Droits de l’Homme, notamment la surpopulation carcérale, le comportement non professionnel du personnel de justice et le manque d’indépendances judiciaires. Des réalités qui restent également préoccupantes aux yeux d’Human Rights Watch.

Même si cela n’est pas encore fait, on retiendra que Gassama a eu à faire des propositions pour la ratification du protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture et autres peines ou traitement cruels, inhumains ou dégradant. Idem pour le protocole facultatif à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes, qui n’est également pas non plus signé encore par la Guinée.

L’ONG note également que la Guinée n’a pas encore codifié le crime de torture dans son code pénal. Mais sur ce point, le nouveau code penal en attente de presentation devant l’Assemblée Nationale, a deja intégré la codification et la definition du crime de torture, suite a l’engagement du Ministre Gassama diaby lors de son passage pour l’examen périodique universel devant le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies. Un engagement qui a été pris en compte par la commission de revision du code penal et sera présenté par l’actuel ministre de la Justice a l’Assemblée nationale.

L’autre ministre, non cité par L’ONG, mais qui peut s’ajouter à Gassama Diaby, est le ministre de la Justice Cheik Sako qui a pris « certaines mesures pour remédier aux déficiences frappantes de l’appareil judiciaire, malgré un budget opérationnel faible…»

Source: Guineenews

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