lundi , 19 août 2019

Foot : la Guinée à nouveau menacée d’interdiction de jouer à Conakry

Les équipes guinéennes de football ont reçu le feu vert de la Confédération Africaine de Football (CAF) de jouer leurs matchs à domicile en Guinée suite à la fin d’Ebola. Mais la sanction pourrait à nouveau s’abattre sur le pays si des dispositions urgentes ne sont pas prises pour contrer le nouvel adversaire.

 

Petit rappel. En août 2014, la CAF, saisie par la Fédération togolaise de football, annonce la suspension de la Guinée. Motif évoqué, l’épidémie d’Ebola qui frappait alors le pays et qui représentait un réel danger pour les équipes étrangères. Les matchs à domicile de l’équipe nationale A seront délocalisés à Casablanca au Maroc. Tandis que ceux de l’équipe nationale B et les clubs engagés dans les compétitions continentales seront transférés à Bamako au Mali.A Lomé au Togo, lors du match retour comptant pour les éliminatoires de la CAN 2015, la Guinée sera rebaptisée « Ebola » par les supporters togolais. « Togo 2 – Ebola 0 » pourvait-on lire sur certaines pancartes. Mais le Syli s’y imposera 4 buts à 1. En Ouganda, les autorités autoriseront l’arrivée de 25 personnes en lieu et place d’une délégation guinéenne de 40 membres.

 

Mais la décision contraire ne s’est pas faite attendre. L’annonce de la fin de la maladie par l’OMS fin-décembre, a été immédiatement suivie de la décision de la CAF levant l’interdiction qui pesait sur la Guinée. « La CAF a appris avec joie et soulagement l’annonce de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) le 29 Décembre 2015 confirmant officiellement que la Guinée est dorénavant déclarée sans Ebola. Par conséquent, la CAF confirme de ce fait la levée de l’interdiction d’organisation des matches continentaux en Guinée », explique la CAF dans une note aux autorités sportives guinéennes.

 

« Nous l’avons suivi avec beaucoup de satisfaction, beaucoup de joie », a confié à Kaloumpresse.com Ibrahima Blasco Barry, Secrétaire général de la Fédération guinéenne de football. « Désormais, l’équipe nationale et les clubs vont renouer avec le public sportif de notre pays. Mais au-delà de cela? j’ai personnellement accueilli la lettre de la CAF avec beaucoup d’émotion et de souvenir pour la longue période de stigmatisation dont on a subi pendant les phases de qualification de la CAN et de toutes autres compétitions d’ailleurs », a indiqué M. Barry.

 

Cette joie pourrait cependant être de courte durée. Si des dispositions ne sont pas prises par les autorités politiques et sportives guinéennes, la CAF et la FIFA pourraient à nouveau frapper le pays d’une nouvelle suspension.

 

La raison ? L’état de délabrement inquiétant du Stade du 28 septembre et la non homologation du Stade de Nongöh qui est devenu un centre de dédicaces, de mariages et autres cérémonies estudiantines. Le Horoya et l’AS Kaloum doivent recevoir des matchs à Conakry, avant le Syli national en mars contre le Malawi. Selon la Fédération guinéenne de football, la Guinée risque gros si d’importants investissements ne sont pas réalisés.

 

Comme prévient Ibrahima Blasco Barry, secrétaire général de la FGF. « Il y a une chose qui nous interpelle. Celle des infrastructures. Rien ne vaut de jubiler que cette interdiction ait été levée. La qualité des infrastructures au Mali et au Maroc ont permis aux clubs et à l’équipe nationale de faire de bons résultats. Les pelouses sont très bien, au stade de Casablanca on donnait parfois les coups d’envoi à 20h. maintenant qu’on jubile parce que l’interdiction est levée, alors que le Stade du 28 septembre meurt et le stade de Nongöh qui n’est même pas inauguré est devenu un fourretout, c’est inexplicable. Le premier défi du ministre en charge des Sports, c’est de faire en sorte que le Stade de Nongöh soit opérationnel et que le Stade du 28 septembre soit retouché. Ce sont des défis qui nous interpellent dans l’urgence. Nous, nous avons déjà saisi la CAF pour venir homologuer le Stade de Nongöh. Il y aura une mission d’inspection qui sera conduite par un malien. Ce qui est marrant, c’est le fait qu’on lève la suspension et qu’on constate que matériellement et sur le plan infrastructure, on n’est pas prêt et que l’on nous dise qu’on ne peut pas jouer parce que les stades ne répondent pas. Ce serait une gifle. J’interpelle toutes les autorités à se pencher sur ces deux stades sinon ça va être grave que la FIFA ou la CAF nous interdise de jouer ici parce que simplement les infrastructures ne répondent pas. En ce moment, ce ne sera pas Ebola, mais ce sera nous-mêmes. »

 

Par Elie Ougna

 

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