samedi , 19 janvier 2019

Les 237 Burkinabè rapatriés de la Guinée arrivent « tristes » à Bobo-Dioulasso

Les Burkinabè rapatriés de force de la Guinée-Conakry ignorent ce pourquoi la police et la gendarmerie s’en sont pris à eux.Tristesse et désolation. C’est le sentiment que l’on pouvait lire sur les visages de ces Burkinabè âgés environ entre 15 et 35 ans, chassés comme des malpropres du village de Siguiri (Région de Haute- Guinée) en Guinée- Conakry.

C’était comme une chasse à l’homme, confie Seydou Derra 28 ans, encore sous le choc. Rapatriés de force depuis le 2 décembre, ils ont été accueillis ce dimanche 6 décembre, en fin de soirée par le gouverneur de la région Alfred Gouba.

2 000 F CFA, c’est le montant qui a été remis à chacun des 237 Burkinabè rapatriés de la Guinée-Conakry à leur arrivée à Bobo-Dioulasso, afin qu’ils se mettent quelque chose sous la dent. L’initiative est de la direction régionale de l’Action sociale et de la solidarité nationale des Hauts-Bassins, soutenue par le ministère de tutelle.

D’autres très sales et certains « puants » dans des tenues délabrées, ce sont des Burkinabè profondément abattus pour avoir tout perdu qui ont regagné la mère patrie. Eux qui étaient allés chercher un mieux-être dans ce pays d’Alpha Condé ont vu leur rêve se briser après des mois (pour certains) et des années (pour d’autres) de durs labeurs sur un site d’or dans le village de Siguiri.

Comment en est-on arrivé là ?

Les Burkinabè rapatriés de force de la Guinée-Conakry ignorent ce pourquoi la police et la gendarmerie s’en sont pris à eux. En effet, raconte Manasé Yabré âgé de 20 ans et qui a quitté le Burkina le 19 mars 2015 : «Une nuit, les gendarmes sont venus avec des cargos pour nous chasser du village. Nous sommes allés sur notre lieu de travail, ils sont encore revenus là-bas. Ils nous ont dit d’aller au commissariat de police. Mais c’était sans compter avec les policiers. Là-bas, nous avons tout simplement été enfermés comme des voleurs. Nous avons passé 11 jours en prison, dans des conditions inhumaines. Une miche de pain était donnée pour 6 personnes. Nous avions beaucoup souffert ».

Non contente de ces tortures tant morales que physiques, la police et la gendarmerie guinéenne, poursuit Manasé Yabré, ont pillé les Burkinabè. Elles ont, dit-il, emporté or, argent, engins à deux roues, habits, et bien d’autres objets de valeur.

Ces propos sont confirmés par Yvette Kientega, 20 ans et mère d’une fille de 2 ans. Bébé presque pas habillé sous le bras, elle loue d’abord le Seigneur pour n’avoir pas été violée par ces forces de l’ordre guinéennes avant de confier qu’ils ont toutefois été molestés par ces derniers.

«Moi je vendais au marché. La police est venue nous chasser. Ils nous ont pillés. Je n’ai pu apporter que l’habit que je porte. C’est au Burkina qu’une personne a eu pitié de mon enfant en lui donnant un habit. Elle ne porte pas même de culotte », a-t-elle dit en langue mooré. Mariée à Yako, elle y travaillait sur un site d’or. Il y a six mois, elle s’est rendue en Guinée en laissant son mari au pays.

Lefaso.net

 

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