vendredi , 6 décembre 2019

La place du VIH/Sida dans les manuels scolaires jugée insignifiante par le REGAP+

Pour atteindre l’objectif Zéro cas d’infection à l’horizon 2030, le Réseau guinéen des associations des personnes infectées et affectées par le VIH/Sida – REGAP+ –  conseille un exposé un peu plus détaillé sur la maladie dans les manuels scolaires en Guinée.

 

Le 1er décembre de chaque année est déclaré « Journée mondiale de la lutte contre le VIH/Sida ». En Guinée, le REGAP+ a saisi l’édition de cette année pour interpeller les autorités en charge du système éducatif. Ce réseau fort de quatre association et qui dispose des antennes dans les régions du pays a invité, en effet, les décideurs à mieux améliorer l’information donnée aux élèves sur le VIH dans les établissements. Il estime que ce qui est fait présentement dans les manuels scolaires et largement insuffisant pour opérer un changement de comportement chez les adolescents.

 

Selon Mahawa Sylla, présidente du REGAP+ la situation est urgente. Eu égard à la flambée du taux de prévalence du VIH dans les milieux scolaires. Il faut donc rapidement apporter des corrections pour permettre aux élèves de réaliser le danger qui les guète.

 

Les institutions internationales comme l’ONUSIDA et le Fonds des Nations Unies pour la population – FNUAP- soutiennent la proposition. Elles appellent à une sensibilisation de plus en plus accrue.

 

Les encadreurs du système éducatif quant à eux se montrent un peu prudents. Car selon eux les degrés d’explications changent sur le plan pédagogique. « Dans l’enseignement d’une science on tient compte du niveau de l’élève. Dans les manuels du primaires, le Sida est défini ainsi que les mesures de prévention », explique Amadou Condé, fonctionnaire à l’Inspection régionale de l’éducation – IRE- de Conakry. D’après M. Condé les programmes prennent en compte les préoccupations du REGAP+.

 

Mais le fonctionnaire de l’IRE préconise aussi un changement de comportement des parents. « Il faut bien comprendre qu’est-ce que les adultes donnent comme message comportemental aux enfants », s’interroge-t-il.

En attendant l’aval des autorités pour toute révision des manuels scolaires, l’association a décidé de consacrer la quinzaine de sensibilisation sur la pandémie aux milieux scolaires. D’après la présidente l’initiative est due à la hausse du taux de prévalence dans ces milieux. Il est passé de 0,8% en 2005 à 1,5% en 2012. Toujours d’après elle, l’Enquête  nationale  de Surveillance Comportementale et  biologique  en 2012 fait état des chiffres plus alarmants pour les  jeunes de 15-24 ans avec un taux de prévalence de 2,5%.

 

« Expliquez  aux jeunes ce qu’est le VIH, comment cela se transmet et comment s’en protéger avant qu’ils ne commencent leur vie sexuelle est un enjeu de taille parce que les jeunes sont l’avenir de notre pays », lance-t-elle. « C’est pourquoi l’information sur le VIH à leur égard doit constituer une priorité de tous les acteurs et  aussi l’école constitue le lieu idéal pour toucher les jeunes du pays ».

 

Le Réseau guinéen des associations des personnes infectées et affectées par le VIH/Sida appelle les ONG intervenant dans le secteur à une action conjointe pour aboutir Zéro nouvelle infection d’ici à 2030.

 

A en croire le réseau les victimes de la maladie sont trop nombreuses en Guinée. Pour 2015 il estime à plus de 4000 le nombre de décès liés au VIH, à 50 000 le nombre d’orphelins et à plus de 7000 le nombre de nouvelles infections.

 

Par Sériane Théa

 

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