mardi , 1 décembre 2020

Kouroussa : retour sur une journée sanglante qui a enregistré quatre morts

Une révolte populaire survenue dimanche 29 novembre à Kouroussa, environ 600 km à l’Est de Conakry, a fait quatre morts. Que s’est-il passé ce jour dans la ville natale du célèbre écrivain Camara Laye ? Éléments de réponse avec cette enquête de notre correspondant régional.

 

Tout a commencé aux environs de 9h. A ce moment là, une horde de jeunes visiblement remontés envahit la prison civile de Kouroussa. Munis de cailloux, de gourdins et bien d’autres armes blanches, ils réclament la tête de trois bandits présumés, arrêtés pour meurtre présumé d’un revendeur de pierres précieuses début novembre au quartier Kômôninkô. Ces trois personnes étaient aussi accusés d’attaques à mains armées sur d’autres citoyens.

 

Les garde pénitentiaire tente de résister aux assaillants dans un premier temps. Mais en nombre insuffisant, les éléments de sécurité en poste pendant l’assaut finissent par abdiquer.  La foule qui voulait se rendre justice pour l’assassinat de l’homme d’affaires pénètre facilement dans la prison avant de lyncher les détenus.

 

Les informations obtenues par Kaloumpresse.com soutiennent que le mouvement spontané a été provoqué par des rumeurs distillées la veille selon lesquelles les autorités s’apprêtaient à faire déférer les accusés à Conakry.

 

Des témoins ont rapporté à notre correspondant que les manifestants scandaient des propos injurieux. Ils juraient d’exécuter tout criminel qui serait appréhendé.

 

Par ailleurs nos sources indiquent que les corps de trois bandits présumés et celui d’un homme en tenue – apparemment un agent de sécurité –  ont été retrouvés sur les lieux après le passage de la foule en furie.

 

Dans un communiqué le Gouvernement a condamné ces violences et a rappelé que nul ne doit se rendre justice quels que soient les délits et les crimes concernés.  « Ces comportements d’un autre âge remettant en cause l’autorité de l’Etat et les valeurs fondamentales d’un Etat de droit ne sauraient être tolérées », a dit le Porte-parole du Gouvernement Albert Damatang Camara. « En conséquence, toutes les mesures sont d’ores et déjà prises pour que les auteurs de actes soient poursuivis et sanctionnés. Force doit rester à la Loi », a-t-il dit.

Mamoudou Sadan Kéita, Correspondant régional de kaloumpresse.com en Haute Guinée
+224620 348314

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Photo d’illustration

 

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