dimanche , 21 juillet 2019

Maison centrale : Après l’insurrection, place aux décomptes

L’administration pénitentiaire de la Prison civile de Conakry et la gendarmerie procèdent à un contrôle systématique dans le centre de détention pour établir un bilan exhaustif.

 

Ce lundi 9 novembre aux environs de 9h, un groupe de détenus a déclenché une mutinerie à l’intérieur du centre. Le motif réel de ce soulèvement n’était pas immédiatement connu. Les investigations menées par Kaloumpresse.com ont permis de comprendre que l’insurrection est intervenue au moment où l’administration pénitentiaire s’apprêtait à procéder à une fouille systématique des cellules.

 

Au début de la révolte plusieurs fonctionnaires qui se trouvaient à l’intérieur ont été pris en otage par certains détenus. Ceux-ci avaient réussi à s’accaparer des armes de la garde avant de maitriser leurs gardiens. Mais ces « otages » ont été libérés peu après.

 

Apparemment bien préparés, des détenus ont fait des trous dans la clôture de la prison avant de prendre la poudre d’escampette, comme on le constate sur cette image diffusée par un journaliste de la Radio Nostalgie Guinée.

 

Des bérets rouges et des gendarmes ont dû intervenir afin de maitriser les mutins. Le calme est revenu dans la prison en début d’après-midi. Les tirs de sommation pour dissuader les détenus fugitifs éventuellement cachés dans les égouts et dans les quartiers environnants avaient cessé.

 

Les autorités ont entamé un contrôle afin de connaître le nombre d’évadés et de blessés, selon nos informations. « Mais les dégâts à l’intérieur sont énormes », confie un témoin.

 

La Maison centrale de Conakry, appelée aussi la Sûreté, est le plus grand centre de détention de la capitale guinéenne. Sa population carcérale reste largement surpeuplée.Construite au début de XXè siècle pour 300 détenus, elle compte aujourd’hui plus de 1200 personnes.

 

En mai 2014 le ministre des Droits de l’homme et des libertés publiques Khalifa Gassama Diaby n’avait pu dissimuler son émotion à l’issue d’une visite de 2h. « Ce que j’ai vu ici est indescriptible », avait-il signifié à la presse après avoir visité les cellules de la prison.

 

M. Diaby avait attiré l’attention de l’opinion sur la cohabitation entre  codétenus mineurs et majeurs, délinquants et criminels. « J’ai vu des prévenus qui ont passé plus de 10 ans sans avoir jamais vu un juge. Des femmes y vivent avec leurs nourrissons. Pour des cellules de deux mètres carrés, il y a plus d’une dizaine de détenus », avait-il déploré.

 

Par Elie Ougna

 

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