samedi , 25 mai 2019

« La Loi sur le maintien d’ordre sera appliquée dans toute sa rigueur » (Ministre de l’Intérieur)

Le ministre de l’Intérieur Mamoudou Cissé a promis lundi l’application dans toute sa rigueur de la Loi relative au maintien d’ordre en République dont l’adoption en juin dernier avait suscité un débat houleux au sein de la classe politique du pays.

 

Adoptée début juin alors que les députés de l’opposition boudaient les travaux du parlement, la Loi portant sur le main de l’ordre public en Guinée autorise la sécurité à faire usage de force pour se défendre et pour maintenir la quiétude sociale dans le pays.

 

Selon le ministre Cissé, il s’agit en réalité d’un texte qui n’est pas liberticide et dont l’application n’ouvre pas la voie à des violations de droits humains. Pour lui, les commentaires suscités après l’adoption du document manquent d’objectivité.

 

Des armes en cas de légitime défense


Il indique que dans un contexte guinéen où tous les manifestants et militants ne sont toujours pas « pacifiques », les forces de sécurités doivent faire recours à certains armes « utilisables ». Ces armes sont déjà  »listées » par les autorités compétentes.

 

« Les grenades lacrymogènes, les canons à eau et éventuellement les armes à feu seront utilisés en cas de légitime défense ou d’impérieuse nécessité », prévient-il.

 

Les textes d’application de la Loi controversée ne sont toujours pas finalisés. Le ministre de l’Intérieur assure que cette loi n’autorise pas les agents de sécurité à faire du « n’importe quoi ». Et que toutes les composantes de la société, y compris les activistes des droits de l’homme, ont été consultés pendant son élaboration.

 

Peu après son adoption en Juin, Amnesty International avait mis en garde contre « le fait que la nouvelle loi comporte des lacunes majeures susceptibles de devenir des poudrières lors de futures contestations et d’entraver le respect, la protection et la réalisation du droit de se réunir pacifiquement ».

 

Évoquant l’interdiction des réunions spontanées et le pouvoir conférés aux forces de sécurité de disperser des manifestations pacifiques si elles estiment qu’une seule personne porte ou cache une arme, l’organisation de défense des droits humains avait invité les autorités guinéennes à faciliter la contestation pacifique.

 

« Un Faux procès »


Le ministre de l’Intérieur estime que ces critiquent ne devaient pas avoir lieu. « Le procès fait à cette loi est un faux procès. Je le répète, c’est un faux procès », insiste-t-il.

 

Bien que le recours à l’arme à feu comme le stipule la fameuse loi soit un recours ultime, le ministre souhaite que les fauteurs de troubles s’assagissent. « Je souhaite que les uns et les autres se ressaisissent. Et que nous partons aux élections dans un climat apaisé ».

 

Sinon, menace-t-il, « nous n’allons pas hésiter. La Loi sur le maintien de l’ordre sera appliquée dans toute sa rigueur. Elle sera appliquée chaque fois que cela sera nécessaire. Le désordre ne sera jamais permis ».

 

A ceux qui veulent tester le gouvernement en semant le désordre, le ministre de l’Intérieur est clair.  » Nous relèverons le défi ».


Par Elie Ougna

+224 622 85 68 59

 

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