samedi , 30 mai 2020

Les victimes du massacre du 28 Sept. 2009 notent une avancée lente dans le dossier

Le Collectif des Associations des Victimes des Evénements du 28 septembre 2009 (CAVE) ont exprimé lundi leur inquiétude quant au déroulement de la procédure judiciaire relative au massacre perpétré il y a six ans dans le principal stade de Conakry.

 

Le dossier du massacre qui a couté la vie à près 157 personnes et fait 90 disparus, de milliers de blessés graves et plusieurs femmes violées, selon ces associations, évolue mais à pas à leur satisfaction. La procédure avance lentement, disent-elles.

 

« Nous sommes un peu sceptiques parce qu’il n’y a pas de volonté politique réelle et on a l’impression que les inculpations sont un peu circonstanciées », a affirmé le président du CAVE Ibrahima Barry lors d’une conférence de presse tenue à Conakry. Barry reconnait tout de même une petite évolution avec l’audition par le Juge d’instruction de plus de 400 victimes et l’inculpation de 15 personnes dont 14 militaires.

 

Pour Ibrahima Barry l’attitude de la CPI dans cette affaire laisse son association quelque peu dubitative. La CPI est venue en Guinée près de 11 fois, mais ne tient que les mêmes discours », a-t-il dit, déplorant l’absence d’avancée notoire. « Les victimes attendent. ça dure beaucoup trop longtemps. Six ans, c’est long dans une vie. Il y a certaines victimes qui sont mortes déjà et si ça continue,  je pense que la majorité des victimes ne verront pas l’épilogue de ce dossier », a-t-il prévenu.

 

La commémoration du sixième anniversaire de la répression sanglante perpétrée en 2009 sous la junte militaire a été éclipsée ce lundi par l’inauguration du barrage hydroélectrique Kaléta.

 

Ce qui a amené les victimes à déplorer l’absence d’au moins un membre du gouvernement à leur commémoration. Des courriers leur ont été adressés, selon le CAVE qui croit que les autorités guinéennes ont plutôt considéré ce jour comme une « date ordinaire ».

 

Le Président du Collectif des Associations des Victimes des Événements du 28 septembre 2009 prévient que le combat va se poursuivre « même sans le gouvernement ». Il n’écarte pas de passer par des manifestations comme au Burkina Faso pour se faire entendre.

 

Sériane Théa

 

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