dimanche , 26 janvier 2020

Un étudiant accusé de terrorisme pour avoir lu un livre sur le terrorisme

Mohammed Umar Farooq, étudiant en master de contre-terrorisme, a été accusé d’être un terroriste car il lisait un livre sur le terrorisme. Un comble. Son université lui a présenté des excuses.

 

Dans le climat anxiogène actuel, il ne fait pas bon se promener avec un livre sur le terrorisme sous le bras. Et plus particulièrement dans les universités britanniques, qui appliquent depuis le mois de mars 2015 un plan gouvernemental pour «empêcher leurs étudiants de sombrer dans le terrorisme». Mohammed Umar Farooq, étudiant américain et musulman, en a fait la dure expérience, comme le raconte le Guardian .Inscrit en master dans un cursus intitulé «terrorisme, crime et sécurité globale», il se documentait sur le sujet à la bibliothèque de son université, la Staffordshire University, à Stoke-on-Trent au Royaume-Uni. Parce qu’il lisait un livre intitulé «Terrorism studies» (Études du terrorisme, ndlr), l’université l’a accusé.. de terrorisme.

L’accusation a été déclenchée lorsqu’un officiel de l’université, remarquant le livre, lui pose un certain nombre de questions portant sur l’homosexualité, l’État islamique et Al-Qaida. L’étudiant a expliqué au Guardian que ses réponses étaient celles d’un universitaire, avant de préciser qu’il s’opposait évidemment aux opinions extrémistes. Mais l’officiel, peu convaincu par ses réponses, a prévenu la sécurité. Mohammed Umar Farooq a ensuite dû subir une enquête longue de trois mois.

Un «signalement exagéré de comportements normatifs»

«Je n’arrivais pas à y croire, raconte l’étudiant américain. J’étais en train de lire ce livre universitaire, je m’occupais de mes petites affaires. Au début, j’ai pensé que j’allais simplement en rire, comme s’il s’agissait d’une blague». Finalement, il a été contraint de faire appel à un avocat pour se défendre de l’accusation. Après s’être rendue compte de son erreur, l’université s’est copieusement excusée. Surtout, elle a pointé du doigt le plan gouvernemental anti-radicalisation supposé permettre aux établissements scolaires britanniques d’empêcher leur étudiants de devenir terroristes. Depuis sa mise en place en mars dernier, le plan a soulevé de nombreuses critiques, tant sur le fond que sur la forme. Plusieurs syndicats étudiants ont émis la crainte d’une menace contre la liberté d’expression sur les campus, comme le rapporte The Independent .

L’histoire de Mohammed Umar Farooq n’est pas isolée. Le Guardian a interrogé un groupe d’avocat qui explique avoir reçu «près de cent cas» similaires depuis octobre 2014. Selon eux, l’affaire de ce livre sur le terrorisme montre «le signalement exagéré de comportements normatifs, et une approche basée sur la peur qui aliène et crée un antagonisme dans les communautés».

La semaine dernière, un jeune lycéen musulman avécu pareille mésaventure dans l’état du Texas, aux États-Unis. Ahmed Mohamed a construit lui-même un réveil et l’a apporté en classe pour impressionner ses professeurs. Ces derniers ont appelé la police, pensant que l’objet était en fait une bombe.

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