lundi , 16 décembre 2019

Présidentielle américaine 2016: Qui est Ben Carson, ce républicain qui rattrape Donald Trump

Il a toujours le sourire, parle avec douceur et critique rarement ses adversaires. Ben Carson ne ressemble pas vraiment à un homme politique et c’est normal : cet ancien neurochirurgien se présente comme un outsider qui veut soigner Washington avec son bon sens et sa foi.

 

Et dans un climat général de rejet des élites politiciennes, « docteur Ben » séduit. Selon le dernier sondage du New York Times, il talonne désormais Donald Trump (23 % vs 27 %), loin devant les favoris Bush et Rubio (6 %). Si ses chances de décrocher la nomination restent minimes, selon les experts, il attire des foules massives à ses meetings. Voici pourquoi.

Son histoire personnelle est très « inspirational »

Comme tout bon super-héros, un candidat à la présidentielle a besoin d’une « origin story » comme source d’inspiration pour les électeurs. Celle de Ben Carson rappelle celle d’Obama : élevé par une mère célibataire illettrée dans un quartier noir de Detroit, il s’instruit en lisant deux livres par semaine, intègre la prestigieuse université de Yale et devient l’un des neurochirurgiens les plus décorés du pays – il a notamment dirigé la première opération pour séparer des frères siamois attachés par le crâne en 1987. Sa vie a déjà été adaptée par Hollywood dans un téléfilm avec Cuba Gooding Jr., tiré de sa biographie, Gifted Hands. A côté, Jeb Bush incarne le dernier héritier d’une dynastie qui réclame le trône par droit de naissance.


Avec Trump, il incarne l’anti-Washington

Depuis le Tea Party, le refrain est le même chez les conservateurs : Washington est cassé et corrompu et seule une personne de l’extérieur pourra donner un grand coup de balai. A l’heure actuelle, l’équation est simple : Trump + Carson = 47,6 %, selon la moyenne des sondages de Real Clear Politics. Les deux candidats qui n’ont aucune expérience de la politique atteignent presque la majorité. Selon l’éditorialiste du New York Times David Brooks, les électeurs républicains « veulent une mutinerie ». Donald Trump séduit la frange la plus en colère. Ben Carson parle davantage aux chrétiens évangélistes. Il attire régulièrement plus de 10.000 personnes à ses meetings. Hillary Clinton ne peut pas en dire autant.

Ses positions sont simples

Ses propositions fiscales ? Chacun devrait payer 10 % d’impôts, riches comme pauvres. « Vous gagnez 10 millions de dollars, vous payez un million. Vous gagnez 10 dollars, vous payez un dollar. » Selon lui, c’est une question de « d’équité ». Critiqué par de nombreux économistes (la mesure rapporterait bien moins que le système par tranches actuel), Carson réplique qu’il s’agit d’un principe qui s’inspire de la dîme de la Bible mais que le chiffre peut « être ajusté ». Le candidat s’appuie également sur sa foi pour justifier son opposition à l’avortement et au mariage gay. Sur ce point, il a déjà dérapé, expliquant que l’homosexualité était « un choix ». La preuve ? « Beaucoup de monde va en prison en étant hétérosexuel, et en ressortant, ils sont gays. » Pas sûr que ça le pénalise dans une primaire républicaine…

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