dimanche , 31 mai 2020

L’avocat de Dadis veut porter plainte, Alpha Condé lui donne la liberté d’aller là où il veut

L’avocat de Moussa Dadis Camara peut porter plainte partout où il veut, a indiqué jeudi le président Alpha Condé, en faisant allusion à la menace du conseil de l’ex-capitaine de trimballer les États guinéen et ivoirien devant une Cour de justice de la CEDEAO.

 

Dans une déclaration transmise à l’AFP, l’avocat guinéen Me Jean-Baptiste Jocamey Haba a accusé les autorités guinéennes d’empêcher son client de rentrer dans en Guinée, en passant par la Côte d’Ivoire.

 

Me Haba a fait la déclaration lorsque son client a été rembarqué à Accra pour Ouagadougou ce mercredi, suite au refus de la Côte d’Ivoire de laisser l’avion le transportant atterrir à Abidjan. Il menace de porter plainte contre la Côte d’Ivoire et la Guinée auprès de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest pour violation du droit à la libre circulation des biens et des personnes au sein de l’espace communautaire. Et pour la mise en danger de la vie d’autrui.

 

S’exprimant pendant une conférence de presse jeudi à Conakry, le président Alpha Condé a coupé court. « L’avocat est libre de porter plainte là où il veut », a-t-il dit. « Ce n’est pas mon problème. C’est son problème », a-t-il conclu.

 

« Éviter la Haye »

 

Le Chef de l’Etat n’a pas souhaité commenter les difficultés rencontrées par Dadis dans ses tentatives de regagner son pays. Il estime que la Côte d’Ivoire est un « État souverain » qui prend les décisions de manière indépendante.

 

Dadis Camara a été inculpé par un pool de juges guinéens pour son rôle présumé dans le massacre du 28 septembre 2009. Il a affiché sa volonté de rentrer afin de se mettre à la disposition de la Justice guinéenne.

 

D’après le président Condé, 13 personnes en tout sont déjà inculpées dans ce dossier. « Mais être inculpé ne veut pas dire être coupable ».

 

« Nous espérons que la Justice guinéenne fera honneur à l’Afrique en étant capable de juger les atteintes aux droits de l’homme. Et qu’on ne soit pas obligé d’envoyer quelqu’un à la Haye. Il a revient à la Justice, librement, sans interférence aucune, de faire son travail », a-t-il commenté.

 

Par Elie Ougna

+224 622 85 68 59

 

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