samedi , 17 août 2019

Dadis cherche un billet d’avion dans une autre compagnie pour retourner à Conakry

Environ 2.000 partisans de l’ex-chef de la junte militaire guinéenne Moussa Dadis Camara, en exil au Burkina Faso, ont convergé samedi vers l’aéroport de Conakry après une rumeur annonçant son retour et l’ont attendu plusieurs heures en vain, a constaté un journaliste de l’AFP.

Beaucoup avaient revêtu pour l’occasion des T-shirt à l’effigie de M. Camara, avec en main des drapeaux aux couleurs de son parti, le Front patriotique pour la démocratie et le développement (FPDD) et dansaient sur de la musique de sa région d’origine, la Guinée forestière (sud du pays).

Parmi eux, figuraient des responsables du FPDD, des proches, dont l’ex-ministre de la junte Papa Koly Kourouma, ainsi que de simples citoyens comme l’enseignant Richard Haba.

Nous sommes ici depuis 12H00 (locales et GMT), nous attendons le retour de notre président (…). Et même s’il faut dormir ici, sous la pluie, nous allons attendre, avait dit à l’AFP M. Haba vers 16H00.

La plupart des partisans de M. Camara se sont dispersés après que le vol en provenance de Ouagadougou via Abidjan, à bord duquel il avait été annoncé, a atterri sans nulle trace de lui en début de soirée, peu après 18H00.

En milieu de soirée, des témoins ont fait état de heurts entre quelques sympathisants en colère et des policiers aux alentours de l’aéroport.

Moussa Dadis Camara est en exil au Burkina Faso depuis 2010. Il a dirigé la Guinée pendant près d’un an, étant alors capitaine, à la tête d’une junte militaire ayant pris le pouvoir fin 2008 à la mort du président Lansana Conté (1984-2008).

Il a été inculpé le 8 juillet à Ouagadougou pour complicité d’assassinats, séquestrations, viols, coups et blessures par des magistrats guinéens enquêtant sur le massacre d’au moins 157 opposants dans un stade de Conakry le 28 septembre 2009.

Samedi soir, son entourage a affirmé à l’AFP à Conakry que toutes les dispositions avaient été prises pour un retour effectif le même jour à Conakry de M. Camara mais qu’il était resté bloqué à Ouagadougou pour une raison non expliquée.

A Ouagadougou, l’avocat de Moussa Dadis Camara, Me Jean-Baptiste Jocamey Haba, a confirmé à l’AFP que son client n’avait pas pris l’avion comme il était initialement censé le faire.

M. Camara devait prendre un vol hier (vendredi) pour arriver à Conakry aujourd’hui (samedi) via Abidjan. Nous devions passer la nuit d’hier en Côte d’Ivoire et quitter Abidjan aujourd’hui vers midi pour être à Conakry aux environs de 14H00. Malheureusement, nous ne sommes pas partis de Ouagadougou malgré nos billets pour des raisons que je tente encore d’élucider, a déclaré Me Haba.

Je suis là (au Burkina Faso) pour organiser le retour du président Dadis Camara en Guinée et nous allons rentrer ensemble très bientôt, a-t-il assuré.

Selon l’entourage burkinabè de M. Camara, il devait voyager avec une compagnie ivoirienne. Il est en train de chercher un billet dans une autre compagnie pour retourner à Conakry, a-t-on dit, sans plus de détails.

En mai, Moussa Dadis Camara avait annoncé son intention de rentrer en Guinée pour se porter candidat à l’élection présidentielle dont le premier tour est prévu le 11 octobre.

En juin, il avait scellé une alliance électorale surprise – prévoyant un accord de désistement au second tour – avec Cellou Dalein Diallo, chef de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) principal parti de l’opposition guinéenne. M. Diallo a été investi en juillet par l’UFDG comme candidat à la présidentielle.

AFP

 

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