vendredi , 13 décembre 2019

Brésil: 900 000 à deux millions de manifestants contre Dilma Rousseff

900 000 à deux millions de manifestants ont manifesté dimanche pour exiger le départ de la présidente de gauche Dilma Rousseff, embourbée dans une triple tempête économique, politique et de corruption.

Près de 900 000 Brésiliens ont manifesté dimanche pour exiger le départ de la présidente de gauche Dilma Rousseff. Vêtus de vert et jaune, les manifestants ont défilé dans le calme et dans une ambiance familiale à travers tout le pays. C’est plus qu’en avril dernier quand 600 000 Brésiliens avaient manifesté mais moins qu’en mars où de un à trois millions, selon les sources, étaient descendus dans les rues.

Les organisateurs, des mouvements citoyens de droite soutenus par une partie de l’opposition, ont estimé quant à eux à « deux millions » (dont un million à Sao Paulo) le nombre de participants à ces manifestations organisées dans plus de 100 villes du géant émergent d’Amérique latine. Le gouvernement a considéré que les manifestations « s’étaient déroulées dans le cadre démocratique », selon un bref communiqué du ministre des communications de la Présidence, Edinho Silva.

« Dehors Dilma! »

Agitant des drapeaux brésiliens, les anti-gouvernement ont exigé la démission ou la destitution de la présidente Rousseff. Ils arboraient des pancartes portant les inscriptions « Dehors Dilma! » et « Non à la corruption! », en référence au tentaculaire scandale politico-financier de corruption qui a coûté plus de 2 milliards de dollars au géant pétrolier public Petrobras.

« Nous allons protester jusqu’à la fin. Jusqu’à ce que la présidente tombe. Elle doit s’en aller définitivement et laisser ce pays en paix et libéré de cette mafia du Parti des travailleurs », a déclaré Patricia Soares, une fonctionnaire de 43 ans, lors d’une marche qui a rassemblé 25 000 personnes dans la capitale Brasilia. A Rio de Janeiro, qui accueillera dans un an les JO d’été, le parcours de l’épreuve test de cyclisme a été en partie modifié pour permettre une manifestation le long de la plage de Copacabana.

Le président du Parti social démocrate brésilien (PSDB, centre-droit) et rival malheureux de Dilma Rousseff à la présidentielle de 2014, Aecio Neves, a pour la première fois appelé ses militants à se joindre aux cortèges. « Assez de tant de corruption, mon parti est le Brésil! », a lancé Aecio Neves, en participant à la manifestation de Belo Horizonte, dans son Etat de Minas, dans le sud-est du pays.


Triple tempête pour Rousseff

Dilma Rousseff, 64 ans, est confrontée à une triple tempête: la récession économique qui l’a conduite à adopter des mesures d’austérité impopulaires; les révélations dévastatrices du scandale de corruption autour du géant public pétrolier Petrobras qui éclabousse son Parti des travailleurs (PT) et d’autres partis alliés; enfin, une crise politique aiguë qui menace de faire voler en éclats sa fragile majorité parlementaire.

L’ex-guerillera torturée sous la dictature militaire a récemment affirmé qu’elle ne cèderait « ni aux pressions ni aux menaces », rappelant qu’elle tenait sa légitimité du vote populaire. Elle a entamé son deuxième mandat en janvier après une difficile réélection fin octobre, puis a vu en quelques mois sa popularité chuter brutalement à un niveau historiquement bas de 8%. Elle compte sur les divisions et intérêts divergents de ses adversaires pour traverser la tempête.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*