jeudi , 21 novembre 2019

Les avancées significatives de la Réforme du secteur de Sécurité

L’état du secteur de la sécurité en République de Guinée caractérisé notamment par la désorganisation des forces de Défense et de Sécurité, l’absence du contrôle civil le dysfonctionnement du système judiciaire qui a conduit les autorités à projeter la réforme dudit secteur.

En effet, face à cette préoccupation dont l’origine provient de la faiblesse des institutions de l’Etat et des effets cumulés de plusieurs décennies de mauvaise gouvernance politique, la réforme du secteur de sécurité est devenue une nécessité impérieuse pour la préservation de la quiétude sociale et de la paix dans notre pays. C’est dans cette optique que l’évaluation du secteur de sécurité a été faite avec le soutien des organisations sous régionales, régionales, internationales et des partenaires bi et multilatéraux. Cette évaluation a permis de poser le diagnostic et de formuler un certain nombre de recommandations au nombre de 160 pour chacune des composantes tout en prenant compte les questions transversales qui sont pertinentes à toute réforme du secteur de la sécurité.

Ce rapport a fait l’objet de remise officielle aux autorités de la transition le 04 Mai 2010. Dans son discours d’investiture du 21 Décembre 2010, le président de la République le professeur Alpha CONDE en a fait son cheval de bataille en définissant sa vision politique de la réforme et manifesté également sa volonté politique. Face à cette préoccupation majeure, l’ensemble des acteurs socio-politiques du pays ont projeté la réforme des forces de Défense et de Sécurité en vue de préserver la quiétude sociale et la paix pour l’édification d’un Etat de droit, gage d’un développement durable.

La vision de la Défense est de disposer des forces opérationnelles, respectueuses de l’Etat de droit soumise à l’autorité civile légalement établie et capable d’assurer la défense du territoire national, participer au développement économique de la nation et contribuer à la paix dans le monde en participant activement aux opérations de maintien de la paix des Nation-Unies (ONU) ,de l’union Africaine (UA) et de la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO). Cette vision s’est traduite par la lettre de politique de réforme du secteur de sécurité de Décembre 2012 initiant l’élaboration d’une Politique Nationale de Défense et de Sécurité (PNDS) ayant pour socle des politiques sectorielles mises en œuvre par la stratégie Nationale d’Action Prioritaire (SNAP)

Les actions réalisées dans les domaines de la réforme, de la formation, des opérations, des infrastructures et des équipements, du cadre légal et règlementaire relatif au respect des droits de l’homme pour lutter contre les violations des droits fondamentaux et renforcer la prise en compte de la dimension genre, visent à renforcer les capacités des forces Armées pour garantir une véritable gouvernance sécuritaire civile et démocratique du secteur. La Guinée évolue dans un contexte sous régional marqué par une certaine instabilité liée à l’émergence de réseaux organisés menaçant l’intégrité des pays. La sécurisation de nos frontières demeure donc une exigence.

Le maillage de territoire national par la mise en œuvre de la carte d’implantation des Forces Armées permettra de renforcer la sécurité intérieure, de lutter contre la prolifération et la circulation illicite des Armes légères et de petits calibres. Le gouvernement est déterminé à refonder une Armée républicaine plus réduite, moins couteuse, mieux équipée, mieux formée et mieux entrainée, aimée et respectée par les populations. L’objectif visé est d’atteindre une cible de 17.000 militaires à l’horizon 2017 à 15.000 militaires en 2020, parallèlement, la responsabilité directe dans les opérations de sécurité intérieure est transférée aux Forces de Police et de Gendarmerie. La réduction du format de l’Armée permettra d’améliorer son fonctionnement par des efforts accrus de modernisation des équipements et des infrastructures, une formation plus qualifiante des effectifs, une meilleure gestion du budget et des ressources humaines tout en impactant positivement la condition sociale des militaires.

Le renforcement des capacités des Forces de défense s’inscrira dans un contexte budgétaire très contraignant qui donne la priorité à la résolution des problèmes économiques et sociaux de la Nation. Les Forces Armées Guinéennes doivent participer à l’effort de développement socio-économique du pays en utilisant rationnellement leur part du budget national. Les engagements pris devant les partenaires techniques et financiers sensibles à toutes les initiatives en matière de bonne gouvernance seront respectés au dire des autorités du pays. Conformément au plan de pilotage proposé par le Ministère de la Défense Nationale, les moyens nécessaires à la mise en œuvre des actions à conduire jusqu’en 2020 seront assurées par une loi de programmation militaire (LMP) sera présentée à l’Assemblée Nationale en 2015.

Cette réforme s’inscrit dans le cadre du renouveau démocratique résolument tourné vers l’avenir en jetant les bases d’une véritable politique de développement qui tient compte du contexte national et de l’environnement international actuel marqué par de multiples mutations auxquelles la Guinée n’est pas indifférente. Le changement envisagé se fera dans la logique d’une politique de refondation dans le cadre d’un vaste programme de réforme et de renforcement des institutions en commençant par les secteurs de la Défense et de la Sécurité ,la justice auxquels le président de la République reconnait un rôle important dans la construction d’un Etat de droit. C’est une œuvre nationale impliquant toutes les composantes de la Nation y compris la société civile. Elle est globale, concrète et inclusive gérée dans le cadre unique du dispositif institutionnel de gestion qui est le comité national de pilotage de la réforme du secteur de sécurité (CNP-RSS) mise en application par le décret D/2011/0126/PRG/SGG/ du 14 Avril 2011.

Le CNP-RSS est placé sous l’autorité du président de la République qui en assure la supervision, l’orientation politico-stratégique et le suivi de la mise en œuvre du programme de la réforme. Il est composé :
– D’une commission d’orientation stratégique

– D’une commission Technique de suivi

– D’une unité de Gestion du programme

– Des comités Techniques sectoriels (Défense, Sécurité, Justice, Douane et Environnement)

Les acquis de la réforme sont nombreux notamment dans le domaine de la Défense. La réforme a permis de maitriser les effectifs grâce au recensement biométrique et la mise à la retraite de plus de trois mille militaires, la démilitarisation de la ville de Conakry ,la construction des infrastructures militaires ,la formation continue du personnel militaire ,la participation de l’Armée aux opérations de maintien de la paix en Afrique et dans le monde, bref la soumission de l’Armée à l’autorité civile légalement établie. Au niveau de la Gendarmerie Nationale, l’érection de ce service en un haut commandement, la création de la Justice Militaire, la formation du personnel et leur équipement constituent des efforts louables réalisés grâce à la réforme du secteur de Sécurité.

L’environnement étant un sujet qui préoccupe l’Etat, un service d’Eco-garde appeler conservateur de la nature a été créé en vue de la préservation de la Biodiversité de notre pays. Ce corps déployé sur toute l’étendue du territoire national contribue efficacement à la réduction de la coupe abusive du bois et du feu de brousse. La restructuration de la Douane a aussi favorisé l’émergence des jeunes cadres ayant abouti à la maitrise des recettes douanières. La police et la Protection civile ont connu des mutations surtout dans le domaine de la formation, de l’équipement et des infrastructures. La Justice qui est l’un des piliers de la réforme, je voudrais dire de l’Etat de droit connait une parfaite amélioration tant sur son statut que dans la pratique de son fonctionnement. Son indépendance étant acquise avec la mise en place de la cour constitutionnelle, témoin de la volonté du gouvernement à faire de la Guinée un Etat de droit.

Source : Ministère Délégué à la Défense nationale

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