dimanche , 31 mai 2020

Affaire de liste à la CPI : le général Konaté nous a bluffés !

Le président de la transition entre 2009 et 2010, le général Sékouba Konaté, à l’issue d’un séjour  à la Cour Pénale Internationale à la Haye l’an dernier avait clairement affirmé y avoir déposé une liste de présumés auteurs des crimes perpétrés en septembre 2009 à Conakry. Plus d’un an après, on en sait beaucoup plus sur la crédibilité de tels propos. Un véritable coup de bluff.

La version contradictoire est livrée par la Procureur de la CPI Fatou Bensouda. Celle-là même qui a reçu le général Konaté en audience.

Pendant son séjour à Conakry la semaine dernière dans le cadre de l’évaluation de la procédure d’instruction du dossier du 28 septembre 2009, Fatou Bensouda a reconnu avoir effectivement reçu l’ancien chef de la transition. Elle dit avoir eu un entretien avec lui sur le dossier. Mais ça s’est limité là. Aucune liste ne lui a été remise.

« J’ai reçu le général Konaté l’année dernière à mon bureau à la Haye. Nous avons échangé sur la situation. Je lui ai expliqué le rôle de la CPI dans le cadre d’un examen préliminaire et que pour l’heure, il revient aux autorités guinéennes de conduire les enquêtes. Mais je n’ai reçu aucune liste de la part du général Sékouba Konaté », a-t-elle dit.

Pourquoi le général a-t-il dit avoir remis une liste à la CPI ? Pourquoi un tel montage qui le disculpe de toute responsabilité dans ce massacre alors qu’il était le ministre de la Défense nationale de la Junte militaire ? Mystère.

Pour le ministre d’Etat en charge de la Jusitice, Me Cheick Sako, cette sortie de l’actuel Haut Représentant de l’Union africaine pour l’opérationnalisation de la Force africaine en attente ressemble à une mise en scène.  Selon lui toute liste doit d’abord passer par le Pool de juges guinéens chargés d’instruire le dossier.

« On est entre guinéens, même quelqu’un qui a été chef de l’Etat ou qui a occupé des responsabilités dans ce pays, dès lors qu’il n’est plus en fonction et même s’il l’était encore, il est tenu à un certain nombre d’obligations à la fois nationales et internationales. J’ai même été plus loin et proposé que le ministère de la Justice pouvait envoyer quelqu’un à Addis Abeba ou au Maroc, parce que c’est les deux pays dans lesquels il réside officiellement, pour récupérer cette liste », a dit Sako. Et d’ajouter, très déçu : « Tout le reste après, c’est du cinéma ».

 

Par Mamady Fofana

 

 

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