mardi , 21 mai 2019

Plage Rogbanè : le désastre écologique

La Plage Rogbanè, dans la commune de Ratoma à Conakry, présente aujourd’hui une physionomie pas très catho depuis sa fermeture par les autorités à cause du drame survenu lors d’un concert du Rap sur les lieux, le 29 juillet 2014. Dont des innocents y ont trépassé. Depuis lors, cette plage, très fréquentée auparavant par de nombreux jeunes de la capitale guinéenne, laisse place aux charognards, aux chiens errants, aux tas d’immondices refoulés par la mer et ceux jetés aveuglement par les populations environnantes, a constaté un des reporters de l’AGP.

En plus de cet état de délabrement total, cette plage est devenue un champ de tri d’objets de recyclage par les jeunes garçons à la recherche du gagne-pain quotidien.

En réalité, cet espace touristique, sportif et culturel se dégrade, du jour au jour. Surtout en cette période des grandes pluies, où il serait très rude d’y accéder à cause des tas d’ordures et des verdures qui poussent à la va-vite. Tel pourrait être certainement le cas dans les autres plages de la capitale, aussi cadenassées. Il faudrait donc que le Ministère du Tourisme et de l’Hôtellerie agisse, ne serait-ce que pour le nettoyage, avant que cette plage ne soit rentabilisée.

Par ailleurs, face à cette situation, notre reporter a rencontré l’administrateur général de la Plage Rogbanè, Mohamed Lamine Sylla qui, après quatre mois de sa libération dans l’affaire du drame de Rogbanè, explique non seulement la peine qu’il ressent par rapport au drame survenu, mais aussi la dégradation de cette plage dont l’ouverture officielle a eu lieu le 1er janvier 1996.

«C’est regrettable ! Parce qu’on ne pensait pas que ce drame allait se produire. Alors, au nom de l’Association Jeune Environnement et Développement (AJED), qui s’occupait de la gestion de la plage, je présente encore une fois les condoléances aux familles victimes.

Ça nous fait si mal de voir cette plage dans cet état. En plus de cette détérioration, nous constatons également, que les 82 jeunes qui travaillaient avec nous, sont repartis en chômage forcé et certains ont même repris leurs anciennes sales besognes pour faute d’emploi. Chaque année, on déboursait auprès de l’Ambassade de France en Guinée et l’ONUDI, plus de 80 millions de nos francs pour l’aménagement de cette plage et le salaire du personnel», a laissé entendre l’administrateur général de la Plage Rogbanè.

Ensuite, il a fait un plaidoyer à l’endroit des autorités du pays pour la réouverture des plages d’ici l’An 1 du drame «fatidique» de Rogbanè, le 29 juillet prochain, afin que son ONG, AJED puisse organiser sur les lieux, un grand sacrifice, des prières et bénédictions à la mémoire des 33 victimes. pour qu’une telle tragédie ne se reproduise plus jamais en Guinée.

AGP

 

 

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