vendredi , 23 août 2019

Burundi: le président de l’Assemblée nationale se réfugie en Belgique

Pie Ntavohanyuma, président de l’Assemblée nationale burundaise, a annoncé ce dimanche avoir trouvé refuge en Belgique. Cette nouvelle défection, après celle du vice-président de la Cour constitutionnelle, intervient à la veille des élections législatives et communales qui s’ouvrent ce lundi 29 juin. Le numéro 2 de l’Etat au Burundi dénonce le «forcing électoral» de Pierre Nkurunziza, qui veut se présenter à un troisième mandat présidentiel.

Tout est prêt pour les élections législatives et communales, affirme la commission électorale burundaise, à la veille de l’ouverture de ce scrutin boycotté par l’opposition. Mais le matériel électoral est en cours d’acheminement vers les centres de vote dans un climat d’extrême tension. La nuit dernière, au moins trois personnes ont été tuées à Bujumbura. Après deux mois d’une grave crise institutionnelle, le régime s’affaiblit et les défections se multiplient.

Après la fuite du vice-président de la Cour constitutionnelle, Sylvère Nimpagaritse, le 4 mai dernier, c’est cette fois le président de l’Assemblée nationale burundaise qui a pris le chemin de l’exil. Pie Ntavyohanyuma, a trouvé refuge en Belgique, d’où il a lancé un appel au président Pierre Nkurunziza, dans un entretien exclusif accordé à nos confrères de France 24.

Un « forcing » qui « n’a pas de sens »

« A la veille des élections, de ce forcing vers les élections de demain, j’aimerai attirer l’attention de son excellence le président de la République [Pierre Nkurunziza, NDLR] et je voudrai lui dire que son mandat vers lequel il veut aller est illégal. J’aimerai lui dire que son forcing vers les élections n’a pas de sens. Tous les médiateurs, tous les hommes de bon sens qui sont au Burundi nous conseillent de postposer ces élections pour pouvoir organiser des élections inclusives, organiser des élections consensuelles », a déclaré Pie Ntavyohanyuma.

Dans l’entretien diffusé ce dimanche à la mi-journée, le président de l’Assemblée nationale burundaise appelle Pierre Nkurunziza à « un sursaut, pour qu’après quelques années de pouvoir, il n’établisse pas un pouvoir qui ne respecte pas la loi, un pouvoir qui ne respecte pas la Constitution, un pouvoir qui ne respecte pas les textes fondateurs de la République, notamment l’accord d’Arusha qui nous avait permis de réussir ce miracle de cohabitation entre les différents groupes au Burundi. »

 

RFI

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