mercredi , 28 octobre 2020

Burkina: 2 ans avec sursis pour un ex-chef des douanes qui cachait des millions dans des cantines

Un ancien patron des douanes du Burkina Faso du temps de l’ex-président Blaise Compaoré, qui avait été arrêté fin 2011 en possession de près de trois millions d’euros en espèces, a été condamné à deux ans de prison avec sursis, a constaté l’AFP.

La justice déclare Ousmane Guiro « coupable des faits de corruption » pour un montant évalué à 900 millions de francs CFA (environ 1,37 million d’euros) et « le condamne à une peine d’emprisonnement de deux ans assortie de sursis », a annoncé samedi soir le juge Jean-Emile Somda.

La peine, assortie d’une confiscation de ses biens à hauteur de 900 millions de FCFA, est très en-deçà des réquisitions du parquet, qui avait notamment demandé 10 ans de prison ferme et la confiscation de 1,9 milliard de FCFA (environ 2,9 millions d’euros) et de la plupart de ses biens.

L’ancien directeur général des douanes, qui comparaissait pour « corruption, enrichissement illicite et violation de la réglementation liée aux changes », risquait jusqu’à 20 ans de réclusion. Il est tombé dans les bras de ses proches à l’énoncé du verdict.

M. Guiro, dont le salaire s’élevait en 2013 à moins de 500.000 francs CFA (763 euros), avait été arrêté le 31 décembre 2011 après la découverte de 1,9 milliard de FCFA en espèces, caché dans des cantines chez l’un de ses proches.

Des devises étrangères figuraient parmi les sommes saisies.

M. Guiro, 62 ans, qui dispose également de biens immobiliers estimés à plus de 750 millions de FCFA (1,145 million d’euros), avait plaidé « non coupable », assurant n’avoir « jamais monnayé (ses) services ».

Libéré dimanche, selon Paulin Salembéré, l’un de ses avocats, qui s’est dit « très satisfait du verdict », il a cinq jours pour éventuellement se pourvoir en cassation. Le parquet général ne s’est pas prononcé sur le sujet.

Ousmane Guiro avait été élu en 2012 conseiller municipal de son village sous la bannière du parti de l’ex-président Blaise Compaoré, peu après sa sortie de prison.

L’impunité et la corruption constituaient les principaux griefs de la population à l’encontre du régime du président Blaise Compaoré, chassé par la rue le 31 octobre après 27 ans de règne.

Le cas de l’ancien patron des douanes est emblématique au Burkina, où les nouvelles autorités ont mis l’accent sur la bonne gouvernance. Le président Michel Kafando s’est plusieurs fois indigné du fait que « quelqu’un comme Ousmane Guiro puisse toujours être dehors ».

Une loi anti-corruption votée en mars prévoit de lourdes sanctions contre les fonctionnaires condamnés pour prévarication ou malversations.

 

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