mercredi , 26 juin 2019

Burundi: trois morts, dont deux policiers dans une attaque à Bujumbura

Trois personnes, dont deux policiers, ont été tuées et plusieurs blessées vendredi soir dans deux attaques, l’une d’elle accompagnée de tirs d’arme automatique, dans deux quartiers de Bujumbura, agitée depuis dimanche par un mouvement de contestation contre un troisième mandat du président Pierre Nkurunziza, selon la police et des témoins.

L’attaque mortelle s’est déroulée vers 19H30 (17H30 GMT) à Kamenge, dans la périphérie nord-est de la capitale, un quartier épargné par la contestation. Selon le directeur-général de la police, deux policiers ont été tués et un blessé. Un habitant de Kamenge, qui s’est présenté comme membre des forces de sécurité, a indiqué qu’un civil avait aussi été tué et deux autres blessés.

« Deux policiers ont été tués dans le quartier de Kamenge en début de soirée », a annoncé à l’AFP le directeur général de la police du Burundi, le général André Ndayambaje, faisant également état d’une attaque dans le centre de Bujumbura, près de l’ancien marché central. Un policier a été blessé à Kamenge — en plus des deux tués — et trois blessés dans le centre-ville, a-t-il précisé.

Selon un haut gradé de la police ayant requis l’anonymat, « des policiers qui patrouillaient à pieds dans Kamenge ont été attaqué à la grenade entre 19H00 et 20H00 (…) puis un véhicule de police qui intervenait a été également attaqué ». « Une grenade a été lancé sur nos policiers presque au même moment » dans le centre-ville, a-t-il poursuivi, confirmant le bilan du général Ndayambaje.

Un habitant de Kamenge, qui s’est présenté comme appartenant aux forces de sécurité et a dit avoir été témoin des faits, a raconté à l’AFP qu’une grenade avait d’abord été lancée contre deux policiers qui patrouillaient à pied dans le quartier, et que l’explosion avait été suivie de tirs d’arme automatique. Un policier a succombé à ses blessures sur place et un autre a été blessé aux jambes, selon lui.

Quelques minutes plus tard, une grenade a explosé sous le véhicule du chef local de la police, arrivé sur les lieux. Il en est sorti et a été abattu par un tir. Selon cet habitant, un civil a en outre été tué dans les tirs et une femme et un enfant blessés par la deuxième grenade.

Un journaliste sur les lieux a pu voir deux petits cratères aux endroits désignés comme ceux des explosions, à quelques centaines de mètres l’un de l’autre, et des traces de sang encore frais à proximité.

Le haut-gradé de la police ayant requis l’anonymat a estimé « clair que ce sont les manifestants (qui s’opposent au troisième mandat du président Nkurunziza) qui ont lancé ces attaques simultanées ». « Ils veulent la guerre, ils vont l’avoir », a-t-il menacé. Ces attaques sont intervenues peu après que le « Collectif contre un 3e mandat » eut décrété une trêve de deux jours des manifestations, sommant le président de renoncer à sa candidature d’ici lundi.

Un analyste burundais ne souhaitant pas être identifié s’est voulu bien plus prudent, expliquant que « Kamenge est un quartier (…) qui ne participe pas aux manifestations » et estimant peu vraisemblable que des jeunes manifestants aient « pu mener une telle attaque et s’en sortir ».

« Cela pourrait être vrai, mais ça pourrait être aussi une manipulation ou autre chose, cela pourrait permettre d’accréditer la thèse officielle d’une manifestation armée », a-t-il ajouté, le gouvernement qualifiant la contestation « d’insurrection ».

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