mercredi , 23 janvier 2019

Alpha Condé charge l’opposition et des miniers de vouloir un coup d’Etat

Poursuivant son séjour aux Etats Unis ‘Amérique, le président de la République de Guinée, chef de l’Etat, Pr Alpha Condé s’est adressé vendredi, 17 avril, à la communauté guinéenne qui s’est déplacée en nombre important pour l’écouter dans un grand hôtel de Washington, décorée aux couleurs de la Guinée, rapporte AlloConakry.

C’est aux environs de 18heures locales qu’il est arrivé sur les lieux, après avoir rencontré le Secrétaire général de l’ONU, Ban-Ki-Moon et eu des séances de travail à l’USAID ainsi qu’au Ministère américain de la Santé, notamment.

A l’entrée de la salle, M. Condé a été salué par une foule en liesse qui a loué son rôle leader dans la lutte contre Ebola et salué sa détermination d’améliorer les conditions de vie des guinéens.

Visiblement détendu, le président de la République de Guinée n’a pas manqué de retourner l’ascenseur. Souriant, il a fait le tour de la salle en serrant la main des uns et des autres, alors qu’un documentaire sur ses différentes réalisations dans le pays passait sur un écran géant.

C’est après le souhait de bienvenue de l’ambassadeur de Guinée aux Etats Unis, Mamady Condé, suivi de celui du président des guinéens de Washington, Sam Soumah, que le chef de l’Etat a pris la parole pour environ une heure devant cette foule à laquelle il s’adressait pour la première fois depuis son élection en 2010.

Essentiellement, c’était l’occasion pour le président Condé d’expliquer en détail l’état dans lequel il a trouvé le pays et partagé ses priorités de développement quelque peu bouleversées par Ebola, avant de dégager les perspectives d’avenir.

Encore une fois, Alpha Condé a estimé qu’il a “hérité d’un pays et non d’un Etat”, c’est à dire un pays en ruine et où tout est priorité de première classe.

En cela, ni la colonisation, ni Sékou Touré, encore moins Lansana Conté est à blâmer. Pour lui, le retard économique de la Guinée est surtout causé par ses anciens ministres, notamment ceux de la deuxième République et de la Transition qu’il accuse de nombreuses malversations pour des intérêts personnels.

“Conté n’est nullement responsable de la ruine du pays. Ce sont ses anciens ministres comme Mady Kaba Camara qui en sont responsables. Ils ont enlevé à l’Etat ses propriétés pour donner aux privés à des prix inférieurs à leurs valeurs réelles, rien que pour remplir leurs poches.”

Ironiquement, Mady Kaba Camara, un des anciens ministres des Finances de Conté, est présentement à Washington avec le président Condé en qualité de conseiller économique à la Présidence de la République.

Le chef de l’Etat s’en est également pris à l’opposition qui, a-t-il dit, a “ethnicisé les débats politiques en Guinée”.

“Ils dissent qu’Alpha Condé n’aime pas les peulhs. Et pourtant j’avais marié une femme peulh, Mama Kani Diallo. Pour moi, dire que je suis contre les peulhs est un prétexte pour diviser le pays. En réalité, ils ne veulent pas de dialogue politique. Ils veulent un coup d’Etat, une violence et ils sont soutenus par des exploitants miniers qui veulent s’accaparer de nos ressources”, a martelé le chef de l’Eat guinéen.

Il a en outre déploré les conditions misérables des diplomates guinéens. Dépourvus des moyens de base, ces derniers peuvent aller des mois sans salaire et nombreux chefs de mission n’ont plus de résidence officielle.

C’est le cas du représentant de la Guinée aux Nations Unies, l’ambassadeur Mamady Touré. Nommé en 2011, celui-ci vit encore dans un appartement à New York qu’il occupait pendant qu’il était fonctionnaire à l’ONU, parce que la résidence qui lui est assignée à Bronx n’est plus habitable, faute d’entretiens depuis belle lurette.

Pour un président qui veut restaurer le prestige de son pays, il était impératif de commencer par payer les arriérés de cotisation de la Guinée.

“Quand je suis arrivé au pouvoir, j’ai d’abord estimé qu’il fallait payer nos cotisations aux institutions, dont la Guinée est membre. Certaines de ces cotisations n’avaient pas été payées depuis 15 ans”, a t-il dit.

Revenant aux réalisations effectuées sous sa présidence, Alpha Condé a toutefois estimé, que ses quatre ans et demi de pouvoir ont produit plus d’opportunités de développement au pays que les 30 ans passés.

Il a cité en exemple, des routes, des fermes agricoles, des Centres de Santé (CS), ainsi que de nombreux projets dans le domaine de l’habitat, entre autres.

Selon lui, les réformes structurelles et macro-économiques initiées par son gouvernement et marquées par l’unicité des caisses de l’Etat, auguraient de bonnes perspectives pour la croissance économique du pays.

“Mais avec Ebola tout a été bloqué et nous devons recommencer à zero”, s’est lamenté le chef de l’Etat, invitant les guinéens à la patience au moment où il cherche un soutien fort des partenaires internationaux pour le plan de la relance et la résilience post-Ebola, dévoilé vendredi à Washington par les trois pays de la Mano River Union touchés par l’épidémie.

Source : AGP

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