samedi , 25 mai 2019

Régulation de la presse : la HAC pose ses marques

La Haute Autorité de la Communication de Guinée à peine installée vient de rendre ses décisions sur les premiers cas de dérapage par voie de presse. Pour une fois, tout porte à croire que l’Institution de régulation de la presse dont certains avaient déjà vite fait de parier sur son échec prématuré envoie un signal fort.

Il fallait qu’elle dise un mot sur les dossiers qui étaient pendants devant elle. Ce qui est fait. Dans une série de décisions rendues datées du mercredi 1er avril, la Haute Autorité de la Communication (HAC) adresse des avertissements à quatre journaux guinéens pour non respect des « dispositions légales en vigueur en Guinée, l’éthique et la déontologie de la profession ».

Les décisions concernent L’hebdomadaire satirique « Le Lynx », et les journaux « La Logique », « La Croisade » et « Les Échos de Guinée ». Au premier journal, il était reproché d’avoir publié dans son numéro 1196 du lundi 16 mars deux articles intitulés : « Voilà une HAC Martinée » et « Du n’importe quoi! ».

La HAC indique que le journal satirique avancent des allégations de corruption qui aurait été pratiquée par sa présidente madame Martine Condé pour obtenir le vote de certains membres de l’institution. Elle ajoute à cela qu’au cours des entretiens avec l’Administrateur général de ce journal, Diallo Souleymane, les 25 et 26 mars, celui-ci a été dans l’incapacité d’apporter les preuves des accusations contenues dans les deux articles.

S’appuyant sur l’article 108 relative à la diffamation de la Loi organique L2010/002/CNT du 22 juin 2010 portant liberté de la presse, et l’élection de sa présidente qu’elle juge légale et transparente, la HAC a adressé un avertissement au Lynx et ordonné la notification de la décision à l’administration générale de la publication, aux associations de presse et sa publication au Journal officiel de la République.

Dans trois autres décisions, la HAC révèle que les griefs portés contre les trois autres journaux sont relatifs à une plainte portée auprès d’elle par le ministre de la Communication Oyé Guilavogui pour « diffamation, dénigrement, atteinte à la dignité et à l’intégrité morale ».

En février, ces journaux avaient publié un mémorandum intitulé « Gestion frauduleuse des recettes des télécoms: le ministre Oyé et les complicités d’Eti, Sodiacom et Intercel ». Un texte qui accusait le ministre des Postes et Télécommunications de détournement et de dilapidation de deniers publics, et dont les trois rédactions n’auraient pas pris la peine de recouper.

La HAC conclut à un non respect de l’éthique et de la déontologie de la profession. Les journaux s’en sont tirés avec une mise en demeure et ils sont invités à rétablir dans les prochaines parutions, la vérité des faits.

Enfin, l’organe de régulation de la presse met en garde les patrons de presse concernés contre « toutes expressions et toutes qualifications dégradantes des personnes nommées dans cet article », ainsi que « toute éventuelle publication qui ne respecterait pas le principe d’égalité de traitement entre les usagers de la communication ».

Par ces premières décisions, il reste indéniable que la Haute Autorité de la Communication annonce les couleurs. Elle veut créer la différence. Un signe annonciateur qu’elle n’entend pas marcher sur les pas de l’ancien Conseil national de la communication jugé à tort ou à raison trop passif et irresponsable vis-à-vis des dérapages autres accusations gratuites par vois de presse. La promptitude dans cette façon de réguler la presse augure de très bonnes perspectives pour la paix, la quiétude et tout simplement le respect de la dignité humaine en Guinée. Mais, mais…pourvu qu’elle dure longtemps dans l’impartialité.


Par Elie Ougna
+224 622 85 68 59


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