lundi , 28 septembre 2020

Les membres du CNT réclament leur indemnité faute de quoi…

Les membres du Conseil national de transition, organe législateur pendant la transition, sont en colère contre le pouvoir d’Alpha Condé. La raison ? Le paiement de leur indemnité forfaitaire qui devait être effectué depuis 2011 et qui coince toujours. Pour obtenir gain de cause, les Conseillers se disent prêts à ester en justice contre l’Etat guinéen.

 

La colère monte dans le rang des conseillers du CNT. Mardi 31 mars, à Conakry, ils l’ont fait savoir au cours d’une conférence de presse. Ils disent ne pas comprendre pourquoi le gouvernement du président Alpha Condé traine le pas dans l’exécution de l’ordonnance N°013 signée du Général Sékouba Konaté en 2010 accordant des dispositions spéciales aux membres du CNT, du CNDD et du gouvernement de la transition.

 

Pour eux, après avoir accompli leur part de mission qui aura duré quatre ans, contrairement au gouvernement et au Conseil national pour la démocratie et le développement, ils ont droit à cette indemnité. Surtout que les membres du  CNDD et ceux du gouvernement ont touché leur part quand ils quittaient les affaires.

 

Plus de 300 millions GNF et une médaille


Les réclamations faites par les conseillers du CNT portent essentiellement sur le paiement d’une indemnité forfaitaire de 300 millions de francs guinéens, une parcelle non bâtie, l’équivalent de six mois de leur salaire d’alors et une médaille de reconnaissance par personne. Ils sont au nombre de 159.

 

« Nous avons travaillé matin et soir. C’est tout à fait normal pour nous d’entrer en possession de nos droits », fulmine Elhadj Malal Diallo, un des membres du collectif qui mène les démarches. »Nous demandons qu’il y ait justice et qu’on ne nous refuse pas ce qui est accordé aux autres sur la base des humeurs », ajoute l’ancien conseiller du CNT.

 

Ce qui irrite les ex-législateurs, c’est surtout parce qu’ils croient avoir frappé à toutes les portes. Le président de la République, le médiateur de la République, l’Assemblée nationale, l’Agent judiciaire de l’Etat, le Conseiller juridique du chef de l’Etat, ils disent avoir rencontré tout ce beau monde sans obtenir leur dû. Ils disent désormais être prêt à porter plainte contre l’Etat guinéen pour empocher la manne financière.

 

« Pas question d’attendre les hommages à titre posthume »

 

Alhassane Camara, Rapporteur de la Commission  électorale du CNT est furieux contre les autorités qui refusent aujourd’hui de reconnaître leurs efforts de leur vivant mais qui n’hésiteront pas à le faire à leur disparition. Comme lui, tous les conseillers du CNT sont unanimes. « Nous avons exécuté la loi. Nous sommes sur notre droit. Nous poursuivrons le combat jusqu’à notre dernier souffle », prévient M. Camara. Et d’ajouter : « Même après dix, vingt ans, nous allons réclamer ce droit. On ne fait des éloges en Guinée qu’en cas de mort ».

 

Ce qui tient particulièrement à cœur chez les membres du CNT, c’est surtout la décoration. La preuve matérielle qu’ils ont siéger à un parlement transitoire lorsqu’ils raconteront l’histoire à leurs petits enfants.

 

« Il y a une campagne de négation du CNT. Nous avons besoin de cette décoration », exige Elhadj Mamadou Saliou Diallo membre du collectif. « Il y a des gens qui se fichent du patriotisme », explose-t-il.

 

A l’Assemblée nationale, ils croient savoir que le groupe parlementaire du RPG dirigé par le député Amadou Damaro Camara pourtant ancien membre du CNT est hostile à leur démarche.

 

Les membres du CNT préviennent qu’ils engageront très prochainement une poursuite judiciaire à l’encontre du gouvernement si le dossier continue de trainer. En cas d’échec en Guinée, ils comptent saisir des juridictions supranationales.

 

Le Dr Morlaye Camara, membre du défunt CNT ironise à sa façon, en ces termes : « Le régime d’aujourd’hui est le fruit du CNT. S’il ne nous paie pas notre indemnité nous allons demander à la CEDEAO et à l’Union africaine de nous prêter le Général Sékouba Konaté pour 15 jours afin qu’il vienne exécuter sa propre décision dans l’ordonnance ».

 

Par Elie Ougna

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