lundi , 10 août 2020
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Ebola, le cauchemar sans fin

Un an après la première alerte, le nombre de cas diminue à grand-peine et de nouvelles menaces se profilent. Médecin sans frontières, en première ligne depuis le début de l’épidémie, publie un rapport au vitriol.

Drôle d’anniversaire… Il y a un an, le 22 mars 2014 très exactement, le ministère de la Santé guinéen déclarait officiellement qu’une épidémie d’Ebola sévissait dans son pays. Une maladie identifiée pour la première fois en 1976 en Afrique centrale, qui n’avait jusque-là provoqué que des flambées cantonnées à des populations isolées, donc vite maîtrisées. Mais, le 24 mars, la nouvelle tombe: parti d’un village du sud-est de la Guinée, Ebola est arrivé à Conakry, la capitale aux 2 millions d’habitants. Ainsi débutera la pire épidémie de fièvre hémorragique que le monde ait connue.

Un an plus tard, la situation n’est toujours pas maîtrisée et Ebola a fait des ravages dans trois pays d’Afrique de l’Ouest qui n’avaient jusqu’alors jamais vu le visage du virus. L’Organisation mondiale de la santé (OMS), dans son dernier bilan, évoque un total de 24.701 cas, dont plus de 10.000 morts en Guinée, Sierra Leone et Liberia. Le gros de la crise semble être passé, mais le virus continue ses ravages: 150 nouveaux cas ont été confirmés dans la semaine du 15 mars, contre 116 la semaine précédente. Le Liberia, qui espérait être guéri après trois semaines sans nouveaux malades, vient de découvrir un cas. En Sierra Leone, le chef de l’État a annoncé un confinement de la population du 27 au 29 mars, puis les samedis 4, 11 et 18 avril, le temps de mener de gigantesques opérations de porte-à-porte pour débusquer des cas non déclarés.


«Effets d’annonce»

Mais l’OMS s’alarme surtout de la situation en Guinée. Les indicateurs montrent que la chaîne de contamination n’y est toujours pas maîtrisée: «Sur 49 décès confirmés dans la semaine du 15 mars, écrit l’OMS, presque la moitié (23) ont été identifiés post mortem au sein de leur communauté.» Les cas ne sont pas tous rapportés et des obsèques continuent d’être célébrées sans les précautions nécessaires pour éviter les contaminations. Une situation qui n’a pas empêché le chef de la mission Ebola pour les Nations unies d’estimer, rapporte la BBC, que l’on viendra à bout de l’épidémie en août. «Ce sont des effets d’annonce. En réalité, on en a certainement pour plusieurs mois», glisse un humanitaire.

Déjà lourdement endeuillés par Ebola, les trois pays touchés voient leur situation économique et politique déstabilisée. Et un nouveau danger sanitaire apparaît: entre hôpitaux surchargés, systèmes de santé déjà défaillants avant l’épidémie et défiance des populations, le taux de vaccination s’est effondré de 75 %, selon l’AFP. Conséquence: 100.000 cas de rougeole pourraient s’ajouter aux 127.000 «attendus», et jusqu’à 16.000 enfants de plus que les années précédentes pourraient en mourir.


«Sans précédent»

En première ligne sur le front Ebola depuis mars 2014, Médecin sans frontières a publié lundi un rapport au vitriol pour dénoncer le manque de réactivité de l’OMS et l’engagement très tardif de la communauté internationale. L’organisation y fait aussi le bilan, parfois critique, de sa propre intervention dans les trois pays touchés.

Dès le 31 mars, MSF appelait à l’aide en évoquant une épidémie «sans précédent». Une position jugée alarmiste par l’OMS, qui, dès le lendemain, indiquait: «La dynamique virale ne diffère pas de celle des épidémies antérieures.»

«Personne n’était préparé à la propagation ni à l’ampleur cauchemardesques de l’épidémie d’Ebola. Sa nature exceptionnelle a montré l’inefficacité et la lenteur des systèmes de santé et de l’aide humanitaire dans leur réponse aux urgences», accuse MSF. Conséquence, insiste l’organisation humanitaire: lorsque l’OMS admet enfin, le 8 août 2014, une «urgence de santé publique de portée internationale», un bon millier de malades sont déjà décédés. Les pays occidentaux, déplore MSF, ne se sont décidés à agir que lorsqu’ils ont eu peur qu’Ebola ne menace directement leurs populations et leurs intérêts.


«Pas des médecins sans limites»

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