vendredi , 28 février 2020

Ebola : une infirmière raconte les soins en Guinée

Dernier jour en Guinée pour une infirmière et réserviste sanitaire.Grands dossiers: Je me réveille naturellement avec le soleil. Aujourd’hui sera ma dernière journée de travail au Centre de Traitement Ebola (CTE). J’ai l’impression que je viens d’arriver en Guinée et il est déjà temps de repartir. Je repense aux dernières semaines. Cela fait maintenant deux mois que j’ai quitté mon domicile, trois semaines que je suis à Macenta et presque autant que le nouveau CTE, piloté par la Croix-Rouge française, a ouvert en collaboration avec Médecins sans frontières (MSF).

En tant qu’infirmière expatriée, j’ai la charge de superviser une équipe de huit infirmiers guinéens dont un chef d’équipe. Pour la plupart, ils travaillaient déjà dans le centre de triage que MSF gérait avant l’ouverture du CTE. Ils luttent depuis de nombreux mois contre Ebola. Plusieurs personnes ont perdu des membres de leurs familles. Mais ils sont toujours présents, volontaires et souriants. Ils forcent le respect.

L’équipe peut travailler du matin, d’après-midi ou de nuit selon le planning. J’ai calé mon planning au leur. Aujourd’hui nous sommes d’après-midi. Après avoir passé la matinée à travailler sur l’organisation du CTE, je mange à la base vie avec mes collègues expatriés. Nous sommes plus d’une vingtaine issus de la Croix-Rouge française ou de l’Etablissement de Préparation et de Réponse aux Urgences Sanitaires (EPRUS) : logisticiens, « Water and Sanitation » (eau et assainissement – WATSAN), agent communautaire, psychologue, épidémiologiste, pharmacien, médecins, cadre de santé, infirmiers… À 13h40, notre chauffeur m’emmène au CTE, à cinq minutes de là. À l’entrée de la zone « low risk »1, le gardien m’asperge les semelles avec du chlore 0,5%, me demande de me laver les mains au chlore 0,05% et vérifie ma température avec le thermoflash. Je me change ensuite dans le vestiaire et endosse une tenue scrub2 et des bottes. J’avance vers la tente médicale pour assister à la passation3 de 14h. Les médecins de l’équipe descendante nous font part du relevé des plaintes, des températures et des traitements des patients qu’ils ont vus lors de la visite du matin. Nous échangeons sur la nécessité de perfuser certains patients. C’est un geste qui peut paraître anodin pour les soignants français mais qui devient, en contexte Ebola, un des gestes les plus à risque de contamination. Une fois la passation terminée, le chef d’équipe, avec qui je travaille, élabore la planification de l’après midi. Sur un tableau blanc, il note les différents tours nécessaires en fonction du nombre de patients, de leurs besoins et du nombre de sorties prévues.

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