mardi , 20 août 2019

Les militaires retraités sont mécontents

Le militaires retraités en 2011 et les veuves de leurs frères d’arme décédés ne sont pas du tout contents. Leur syndicat l’a fait savoir lundi 23 février à Conakry. Et si leur appel de détresse n’est pas entendu, ils menacent d’aller un peu plus loin dans leur revendication.

 

Le Syndicat national des militaires retraités et veuves de Guinée, en abrégé (S.N.M.R.V.G.) ne va pas du dos de la cuillère pour qualifier l’attitude des autorités guinéennes. Pour lui, il s’agit simplement d’un « mépris » vis-à-vis de leur situation.

 

Pour le Lieutenant-Colonel Jean Dougo Guilavogui, secrétaire général de ce mouvement syndical un peu particulier, le départ de 4000 militaires à la retraite le 31 décembre 2011 n’avait pas été accompagné des préalables. Selon cet ancien officier, le congé libéral prévu dans les statuts des forces armées n’a pas été respecté. Selon lui, ce traitement qui devait leur permettre de bénéficier de 3 à 6 mois de solde et de ravitaillement sans pour autant effectuer le service militaire ne leur a pas été accordé.

 

Avec ce congé libéral, « le retraité s’occupe à constituer les dossiers de pension et à faire déménager sa famille. Mais tel n’a pas été le cas à notre temps’’ explose le Lt/colonel à la retraite. « Nous sommes mis à la retraite, mais nos conditions de vie n’ont  pas été réglées », dit-il.

 

L’autre voix de mécontentement provient du Commandant Sékou Sagno,Secrétaire administratif du Syndicat national des militaires retraités et veuves de Guinée. D’après lui, ils ne comprennent pas pourquoi les autorités guinéennes, en particulier le ministre délégué à la Défense nationale, Me Abdoul Kabèlè Camara, restent insensibles à leur situation.

 

« Nous sommes allés à la rencontre du ministre de la Défense pour lui exposer notre problème. Depuis notre mise à la retraite le 31 décembre 2011, les préalables dont le congé libéral n’ont pas été respectés. Mais on s’est pas compris, le ministre Kabelé nous a méprisés comme si on était rien », fulmine le Commandant Sagno qui cite en témoin, le général  Aboubacar Sidiki  Camara dit Idi Amin, Directeur de cabinet du ministère délégué à la Défense nationale.

 

Selon l’officier retraité, le ministre Kabèlè a opposé un refus catégorique à leur sollicitude. « Il nous a dit que l’Etat ne nous doit rien et qu’on nous a donné tout notre argent », affirme-t-il. « Pourtant, le président nous a dit au camp en janvier 2012 que les partenaires ont décidé de nous accompagner pour notre départ à la retraite en nous donnant 3 mois de salaires et que l’Etat guinéen aussi allait nous accorder un mois de plus.

 

Selon les militaires à la retraite, le ministre Abdoul Kabèlè Camara les aurait accusé de vouloir organiser des marches munis d’armes de guerre.

« Kabèlè oublie tout ça aujourd’hui et nous accuse de tous les noms d’oiseaux que nous voulons faire une marche avec les armes en main en compagnie de la population et des opposants. Une accusation que nous rejetons’’.

D’après le Syndicat national des militaires retraités et veuves de Guinée la marche est inévitable « si rien n’est ». « Nous allons marcher, pas avec les armes. Mais juste pour revendiquer nos droits », souligne Commandant Sékou Sagno.

Le Commandant Sagno va plus loin et étale quelques humiliations dont il dit avoir subi. « Le jour de la retraite les gens ont été chassés du camp,  ils ont jetés les retraités et leurs familles dehors et sous  la pluie. Leurs cartes d’identité militaire ont été retirées à Labé. Il fut un moment, les cimetières ont été interdits aux anciens de l’armée. Grâce aux sages de Labé, cela a pris fin », relate-t-il.

 

Les 4000 militaires retraités en 2011 demandent entre autre la réhabilitation des avantages et la nomination d’un comptable-payeur dans préfectures.  Selon eux, ils seront contraints d’user de tous les moyens légaux à leur disposition si rien n’est fait.

 

Et visiblement, la guerre semble est déclenchée entre les militaires retraités et le ministre délégué à la Défense nationale.

 

Par Sériane Théa

+224 622 85 68 59

 

 

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