mardi , 20 août 2019

Ils veulent marcher au « Camp Boiro » demain

L’Association ds victimes du Camp Boiro (AVCB) a annoncé vendredi qu’elle va organiser une marche silencieuse le dimanche 25 janvier dans l’enceinte de ce camps rebaptisé en 2010 Camp d’Infanterie de la Camayenne.

 

La procession se déroulera à l’occasion de la  commémoration de la « Journée des pendaisons du 25 janvier 1971 ». Date à la quelle plusieurs personnes ont été pendues dans toutes les fédérations en Guinée à l’époque, comme a tenu à rappeler Sidikiba Kéita, président de ladite association.

 

La marche se déroulera sous le slogan « Plus jamais ça pour les guinéens ».

 

« Nous avons crée cette association pour éviter aux autres guinéens les expériences malheureuses que la Guinée a connues et pour que le devoir de mémoire ne tombe pas », a indiqué Kéita. Et d’ajouter :  »nous suscitions le devoir de repentance pour ressouder les bases de la Nation, combattre l’impunité, envisager une Guinée qui soit capable de se tenir debout, parce que la Guinée est tombée au camp Boiro. Notre avenir a été hypothéqué au camp Boiro ».

Selon ses membres, l’AVCB est une plateforme de revendication dont le but est la réhabilitation judiciaire de ceux qui ont été « injustement condamnés par des tribunaux illégaux, la restitution des charniers pour que leurs parents puissent faire le deuil des victimes, engager le processus vérité-Justice et réconciliation ».

Pour Aboubacar Barry, membre de l’Association et fils d’une des victimes, la situation dans laquelle se trouve la Guinée depuis l’indépendance est regrettable. Car, dit-il, 80% des pères fondateurs de la République sont enfouis dans des fosses communes dissimulées sur l’ensemble du territoire.

 »Ils ont fait disparaitre les personnes qui ont crée la République de Guinée. Les victimes de la Première République et de la Deuxième République constituent l’essentiel de ceux qu’on pourrait appeler l’élite », a-t-il dit.

Selon Aboubacar Barry, tant que les membres de leur groupe sont incapable de situer les tombes de leurs parents « la malédiction suivra la Guinée ».

 

« Nous ne nous en sortirons  pas tant que nous laisserons les âmes des innocents errer dans la nature, tant que nous ne rendrons pas les dépouilles aux familles pour qu’ils fassent leurs deuils », a ajouté Barry.

 

L’Association n’a pas confirmé si autorisation lui a été donné de tenir sa marche dans l’enceinte du Camp d’Infanterie de Camayenne, l’ex- camp Boiro.

Par Sériane Théa

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