vendredi , 19 avril 2019
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CHARLIE HEBDO: « Cela pouvait être évité »

L’attentat perpétré  contre le journal satirique « Charlie Hebdo », en France, est comme une secousse tellurique qui a …secoué le monde de la presse, pour ne pas dire le monde tout court. Au nom d’un certain Islam, des hommes ont tué d’autres hommes qui, au nom d’une certaine liberté d’expression, ont défié toute une communauté, la communauté musulmane.

Un seul être de tué, c’est une grosse perte pour toute l’humanité. En éliminer douze qui n’avaient… que leur crayon pour s’exprimer « le plus librement du monde », c’est donner au monde entier une bonne raison de s’émouvoir. Et c’est ce qui s’est passé la semaine dernière dans les locaux de la rédaction de l’hebdomadaire satirique français.

 

Décidément, la vie de l’homme semble ne pas tenir à grand-chose. Mais ne pouvait-on pas ne pas en arriver là ?
« Le 21ième siècle sera religieux ou ne sera pas ». Si ces propos attribués à l’écrivain et homme politique français André Malraux ont un sens, c’est bien dans le contexte mondial actuel qu’ils semblent le revêtir au plus haut point.

 

Il ne se passe pas un seul jour, en effet, depuis longtemps déjà, sans que la religion ne soit mise au-devant de la scène médiatique. L’Islam, alors, semble être le thème de prédilection, très souvent pour la raison que cette religion musulmane est encore associée, par d’aucuns, au terrorisme international. Et certains de ses adeptes, ou soi-disant tels, d’ajouter à la confusion en commettant des actes contraires aux principes-mêmes de cette religion. L’Islam, religion de Paix et de Tolérance par excellence, ne saurait se prévaloir de cette violence pour régler une quelconque question, fût-elle des plus blasphématoires.

Cependant, la liberté d‘expression donne-t-elle à n’importe qui …la liberté de dire ou de faire n’importe quoi? Trop de liberté ne tuerait-elle pas la liberté? L’excès de permissivité, puisque c’est de cela qu’il s’agira alors, ne risquerait-il pas de transformer la liberté (si chère à l’Homme) en une sorte de libertinage (parfois néfaste à l’homme)?

 

Qu’en serait-il de notre responsabilité face nos actes de tous les jours? Quid du respect de l’autre, du respect de la différence? « Ceux que nous nommons nos semblables nous démontrent toujours que nous ne leur ressemblons pas », disait, en substance, l’écrivain français Henry Troyat. Et l’académicien de poursuivre: « c’est dans la mesure où ne sommes pas eux que nous sommes nous-mêmes ». Alors, au nom de quelle liberté devrait-on se permettre de « rigoler » avec ce qu’il y a de plus respectueux pour plus de cinq milliards d’individus ?

 

Il y aura toujours des écorchés vifs que la rigolade, l’amusement n’enchante pas (ou n’enchante plus), dès lors qu’on s’en prend à quelque chose qui les tient à cœur. Tout comme il y  en aura toujours, d’autres, que le « trop-sérieux » n’enchante plus dès lors qu’on s’en prend à la chose qui les tient à cœur. Cette chose-là peut s’appeler RELIGION, comme elle pourrait s’appeler LIBERTE. Et c‘est de cela qu’il semble s’agir, ici, plus que d’autre chose.

 

Mais celui qui raisonne …par le cœur risquerait plus de perdre la raison que celui qui raisonne par le cerveau. Cela devient alors une question de raison plus même qu’une raison de principe. Parce qu’il devrait arriver, dans la vie, un moment où il serait préférable qu’on soit flexible sur nos principes. Ne serait-il pas égoïste, quelque-part, de tenir coûte que coûte à mourir pour ses principes ?

« Cela pouvait être évité », a dit, d’une voix presque éteinte par la douleur, le cœur meurtri, l’épouse d’une des victimes de Charlie Hebdo, sur un plateau de télévision. Oui, cela pouvait bien être évité. Parce qu’il devrait arriver un moment, dans notre existence, où nous pensions à tous ceux qui nous aiment et à qui notre perte ferait beaucoup de peine. Quelle que soit la manière dont nous les quitterions. Mourir pour des principes, c’est mourir quand-même.

 

D’ailleurs, les principes devraient-elles primer sur la raison? Ma soif de liberté me donne-t-elle le droit de porter atteinte à la foi de plus de cinq milliards de personnes à travers le monde? La question mérite d’être posée. Ne cédons pas à l’émotion du moment au risque de ne pas bien cerner la question. Au risque de créer d’autres frustrations, qui pourraient conduire à d’autres abominables actes.

Quand la population de Taïf envoya à sa poursuite des chiens, et des enfants lui jetant des pierres, et que certains de ses compagnons demandèrent son aval pour « régler leurs comptes » à ces gens-là. Le prophète de l’Islam s’y opposa en leur faisant savoir que ceux-ci sont en train d’agir ainsi tout simplement parce qu’ils ne savent qui il était.

 

Quant à la femme qui avait la fâcheuse habitude de verser de l’eau puante sur le chemin qu’il empruntait pour aller à la mosquée, le jour où il a eu la surprise de ne pas voir son chemin souillé,  Séydina Mohammad (SAWS) est tout simplement allé s’enquérir de ses nouvelles. Et lorsqu’il apprit que la dame était malade, il a prié pour son rétablissement. On ne peut pas se prévaloir d’un tel modèle et être capable de commettre certains actes au nom de la religion musulmane.

Quant à ceux-là qui ont attaqué l’équipe de Charlie Hebdo, la semaine dernière, ils viennent de rendre un énorme service, aussi bien à  l’Islam (autrement qu’ils en avaient l’intention), qu’à la liberté d’expression. Encore faudrait-il tirer tous les enseignements de cette triste et regrettable tuerie.

 

L’Islam est une propriété d’Allah, et personne d’autre, mieux que LUI, ne saurait défendre cette religion. Même s’Il ne descendra jamais répondre d’une quelconque vexation subie par un quelconque musulman. Cela veut dire ce que cela veut dire.

Pape O.B.H. Diouf                                                                                  janvier 2015

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