lundi , 17 juin 2019

Grève générale illimitée : notre constat à Conakry

La grève générale illimitée lancée par le mouvement syndical guinéen est entrée mardi dans son deuxième jour. A Conakry, le mouvement était suivi en début de matinée.

 

Dans la commune de Kaloum, centre administratif, les départements ministériels étaient ouverts. Quelques commerces aussi. En revanche, les banques et assurances, les grands magasins restent fermés. La circulation est moins dense. La majorité des taxis, minibus et autres bus de transport public sont restés au parc pour éviter d’éventuels actes de vandalisme.

Devant les banques privées, plusieurs clients venus faire des opérations ne pouvaient camoufler leur colère. Surpris par le débrayage inattendu dans le secteur bancaire, après un long weekend, beaucoup d’entre eux n’avaient que leur portemonnaie pour pleurer.

 

A l’image du l’Adjudant Fernand Tolno, en service au bureau de la douane de Pamelap, à la fronntière guinéo-sierra-leonaise, « serein, mais déçu », beaucoup de clients affichaient une impatience non dissimulée.

 

« Je suis venu faire un retrait ce matin et la banque est fermée à cause de la grève déclenchée par le mouvement syndical. On dit souvent qu’après la fête, c’est la défaite. J’ai épuisé les sous que j’avais à la maison pendant les fêtes, et je veux faire un retrait afin de laisser un peu à la famille. Mais, je suis vraiment désolé », explique le douanier, qui espère une ouverture des guichets d’une banque de la place.

Dr Sankon Alassory, la cinquantaine d’années révolue, laisse exploser sa colère. « C’est un sentiment de déception que j’ai ce matin. C’est bien que la grève est constitutionnelle, mais les banques ne doivent pas fermer sans faire un avis ou préavis aux clients », dit-il. « Ça n’encourage pas les gens à venir déposer leur argent à la Banque. Les clients sont arrêtés ici et personne ne peut avoir quelque chose. Les banquiers doivent respecter les clients’’, fulmine-il.

 

A la Banque internationale pour le commerce et l’industrie de Guinée, BICIGUI, les clients n’ont pas hésité à engager de chaudes discussions avec les représentants syndicaux et le directeur général de l’institution.

 »On se fiche de nous’’, lâche une cliente. Avant de rappeler que les clients ont leur droit. « Si c’est comme ça, on risque d’abandonner cette banque et on garde notre argent chez nous. Eux, ils sont mieux payés par rapport aux fonctionnaires. Et c’est à travers notre argent qu’ils roulent dans de belles voitures ».

 

Pour le Mouvement syndical guinéen dénonce entre autres le ‘’le retard volontaire accusé par le gouvernement dans l’application de la nouvelle grille salariale et le régime des pensions’’, ‘’l’indifférence de l’Etat face à la situation des travailleurs de l’usine Friguia, de la Sotelgui, Feralux, port autonome de Conakry, Pride Guinée, Semafo Guinée et de Enco 5’’.

Lundi, en Assemblée extraordinaire, Amadou Diallo, secrétaire général de la CNTG a affirmé que la grève continue et les négociations aussi.

 

Dans un communiqué daté du 5 janvier, le gouvernement informe l’opinion publique nationale et internationale qu’il a fait  »le maximum pour éviter une grève en ces temps difficiles. Le traitement que le Gouvernement accorde à ces revendications répond au souci de trouver un équilibre entre la préservation de la paix sociale, la poursuite de la lutte contre la propagation de l’épidémie et le maintien de nos équilibres macroéconomiques ».

 


Par Aliou BM Diallo

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