samedi , 17 août 2019

Hollande « assume » son échec sur le chômage et brandit ses réformes

A l’offensive depuis ses voeux de la Saint-Sylvestre, François Hollande a « assumé » lundi sur France Inter l’échec de sa politique de lutte contre le chômage mais a brandi l’étendard des réformes d’ores et déjà engagées pour réveiller l’espoir d’une sortie de crise.

Lancé dans une tentative de reconquête de l’opinion à l’aube d’une année électorale décisive (départementales en mars et régionales en fin d’année), le chef de l’Etat, invité pendant deux heures de la radio publique, l’a concédé sans détours: face à cette hausse du chômage qui a atteint un nouveau record en fin d’année, « il y a une responsabilité, celle que j’assume ».

« Je suis président de la République, je ne vais pas dire: +c’est la faute de l’étranger, de la crise+ », a-t-il insisté.

François Hollande s’est toutefois vivement défendu de se limiter à « un traitement social du chômage », affirmant mener les réformes nécessaires pour « créer durablement de l’emploi » et se disant prêt à prendre « tous les risques » pour parvenir à ses fins.

Sans annoncer de nouvelles initiatives, il a égrené la liste des chantiers en cours: le pacte de responsabilité, synonyme de baisse massive des prélèvements sur les entreprises; la loi d’activité et de croissance dite « loi Macron », qui regroupe des initiatives hétéroclites allant des voyages en bus au travail du dimanche en passant par les tarifs des notaires.

« Je changerai tout ce qui bloque, empêche, freine et nuit à l’égalité et au progrès », a-t-il ainsi proclamé, ostensiblement offensif.

Pour le président Hollande, le salut réside dans la croissance, seule à même de faire reculer durablement le chômage. « Je ferai tout pour que la croissance soit la plus haute possible, pour que nous ayons plus de 1% de croissance », la prévision du gouvernement pour 2015, a-t-il lancé.

A l’adresse des classes moyennes, cibles privilégiées des hausses d’impôts, le chef de l’Etat a réaffirmé son « engagement (…) de ne pas créer de nouveaux impôts à partir de 2015 » tout en évoquant du bout des lèvres une possible « baisse des prélèvements » en 2016 et 2017 si la croissance était au rendez-vous.

– Hollande ne pense pas « pour l’instant » à 2017 –

Quant à la politique de réduction des déficits publics qui ont encore dérapé cette année conduisant le gouvernement à repousser de deux ans, à 2017, l’objectif d’un retour à 3% du PIB, elle sera poursuivie sans fléchir, a-t-il assuré. « Si la croissance est un peu supérieure » en 2015 à la prévision officielle de 1%, « cela ira à la réduction des déficits », a ainsi affirmé le chef de l’Etat.

En attendant, François Hollande mise gros sur la loi Macron qui sans être « la loi du siècle » est selon lui « une loi pour le siècle prochain » dont il attend, « confiant », l’adoption par le Parlement sans recours au 49.3.

« C’est une loi de liberté et en même temps une loi de progrès », a opposé François Hollande à ses nombreux détracteurs telle l’ex-ministre écologiste Cécile Duflot qui a dénoncé « un net recul idéologique du quinquennat » ou la maire de Lille Martine Aubry, vent debout contre le travail dominical. A ce propos, il a d’ailleurs maintenu l’objectif de 12 dimanches d’ouverture possibles des magasins par an.

Dans un message au patronat qui s’est alarmé de l' »usine à gaz » du compte pénibilité, il s’est également engagé sans plus de précisions à le « simplifier » s’il était « encore trop compliqué ».

Interrogé sur 2017, le chef de l’Etat a botté en touche en affirmant qu’il ne se préoccupait pas « pour l’instant » de cette échéance ni des éventuelles primaires, observant, un rien fataliste, que l’on jugera à la fin de son quinquennat s’il avait pris ou non « le bon chemin » pour redresser la France.

Au chapitre international, François Hollande s’est voulu également à l’offensive, annonçant une rencontre impromptue avec la chancelière allemande Angela Merkel dimanche à Strasbourg pour « parler de l’avenir de l’Europe » alors que Bruxelles travaille d’arrache-pied à la mise en oeuvre du plan Juncker qui prévoit 315 milliards d’euros d’investissement en Europe en trois ans.

Très actif aussi dans la recherche d’une solution politique à la crise ukrainienne, il a confirmé qu’il se rendrait à Astana (Kazakhstan) le 15 janvier pour y retrouver les présidents russe et ukrainien Vladimir Poutine et Petro Porochenko ainsi qu’Angela Merkel, mais « à une condition, c’est qu’il puisse y avoir de nouveaux progrès ».

Lors de ses voeux aux Français, le 31 décembre, François Hollande avait placé sa rentrée sous le signe de la combativité, de l' »audace » et de la « confiance », bousculant le calendrier de sa rentrée pour lancer une véritable offensive médiatique.

Le président entend surfer sur la légère embellie enregistrée par sa cote de popularité dans les sondages. Tombée à 13% à l’automne, a rebondi en décembre, les enquêtes le situant entre 17 et 25% d’opinions favorables.

Il poursuivra son marathon médiatique fin janvier avec sa cinquième conférence de presse semestrielle.

AFP

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