vendredi , 23 août 2019

Médicaments de la rue: Attention au Diclofenac (Pape Diouf)

En cette période de froid, les douleurs musculaires et autres inflammations se réveillent chez beaucoup de personnes, quel que soit leur âge. C’est alors le rush vers les « anti-inf’ ». Mais attention, n’utilisons pas n’importe quel anti-inflammatoire n’importe comment, ni pour n’importe quelle douleur.

Quelle que soit l’éventuelle efficacité de celui-ci. Et surtout, évitons de nous rabattre sur les médicaments bon marché qu’on peut trouver à tous les coins de rue. On ne le dira jamais assez, les médicaments de la rue tuent. Dans les grandes villes africaines, il n’est pas rare de voir, exposées sur des étales de fortunes, les fameux tubes à base de diclofénac. Dans les véhicules de transport interurbain, le même produit est proposé, à grand renfort de publicité vantant ses qualités, son efficacité sur toute douleur.

 

En effet, le diclofénac est l’anti-inflammatoire non-stéroïdien le plus prescrit dans le monde depuis un certain temps. Mais autant il est efficace contre les douleurs, surtout rhumatismales, autant ses effets secondaires sont non négligeables, allant jusqu’au risque d’arrêt cardiaque.

 

La plupart des « anti-inf’ » de cette famille dite non-stéroïdien agissent sur les prostaglandines (métabolites de l’acide arachidonique, à l’origine de l’inflammation et de la douleur) en bloquant leur production. « Mais le médicament bloque aussi une autre enzyme impliquée dans la coagulation du sang», selon une récente étude. Et la prise à fortes doses et sur une période plus ou moins longue produirait l’effet inverse et provoquerait une coagulation excessive, responsable de caillots à l’origine d’accidents cardiovasculaires.

 

Selon la même étude, la prise exagérée de diclofénac  « multiplie par quatre le risque de mortalité cardiovasculaire par rapport à d’autres anti-inflammatoires ». Ce qui sous-entend que la prise de ce médicament nécessite une certaine surveillance médicale. L’idée de retirer le diclofénac du marché est évoquée, de même qu’une réévaluation du rapport Risque/Bénéfice est proposée par l’Agence Européenne des Médicaments.

 

Pendant ce temps, sous nos tropiques où les gens préfèrent brader leur santé en s’abandonnant au premier venu qui leur proposerait de les libérer de leur mal à peu de frais, ici où l’on ne s’encombrerait pas de la précaution d’une surveillance médicale pour une simple affaire de massage, on court encore le risque de passer une année 2015 …de mauvaise santé.

Pape O.B.H. Diouf                                                                      janvier 2015

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*